Bruxelles, 25/06/2012 (Agence Europe) - Réunis jeudi 21 juin à Bratislava dans le cadre de la conférence annuelle de leur organisation européenne, la CEETTAR, les entrepreneurs des travaux agricoles, ruraux et forestiers de l'UE, ont constaté le manque cruel d'ambition des parlementaires européens sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), alors même que pour la première fois ils ont voix au chapitre en matière d'agriculture.
Le projet de rapport sur la proposition de règlement relatif au soutien au développement rural présenté cette semaine par M. Capoulas Santos, rapporteur du Parlement européen, a tout particulièrement déçu les représentants du secteur. Les organisations membres de la CEETTAR ont notamment pointé du doigt l'absence de corrections aux atteintes manifestes au principe de concurrence libre et non faussée. Car si le considérant 41 de la proposition de règlement prévoit que « le soutien du FEADER ne soit pas utilisé dans le but de fausser la concurrence », les mesures annoncées, notamment aux articles 18 et 20, empêchent la bonne mise en œuvre de ce principe. Ce faisant, elles créent les conditions d'une inégalité de traitement et négligent des opportunités d'investissement efficace soutenant les objectifs de compétitivité et de durabilité que la Commission fixe pour la PAC 2014-2020.
Gérard Napias, président de la CEETTAR et de l'organisation française EDT, a souligné que « l'Europe tirerait un profit manifeste d'une meilleure intégration dans ses objectifs et ses mesures de la contribution des 100 000 entreprises de travaux agricoles et ruraux et des 500 000 actifs au profit de l'agriculture européenne et de la vie économique des zones rurales ».
« La PAC ne peut plus se limiter à définir l'agriculture par le seul métier d'exploitant agricole », a ajouté Klaus Pentzlin, vice-président de la CEETTAR. « Les entrepreneurs de travaux agricoles contribuent fortement à la compétitivité et à la durabilité de l'agriculture européenne en mettant au service des agriculteurs un outil technique à la pointe du progrès ainsi qu'un personnel qualifié ».
Et Jan Maris, secrétaire général de la CEETTAR, de conclure: « Il est encore temps pour les institutions de corriger le tir et de reconnaître à sa juste valeur l'apport des prestataires de services agricoles dans la chaîne de production agricole ». (LC)