Bruxelles, 02/05/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mercredi 2 mai, une nouvelle stratégie pour rendre Internet plus sûr pour les enfants. Basée sur l'autoréglementation, cette stratégie sera mise en place grâce à une action coordonnée des États membres, de l'industrie et de la Commission. Celle-ci n'interviendra toutefois qu'en cas de nécessité, si la voie privilégiée de l'autoréglementation ne débouche pas sur des résultats, a souligné la commissaire responsable de la stratégie numérique Neelie Kroes. Elle a déclaré: « Les enfants doivent être traités comme un groupe particulier d'utilisateurs, avec des besoins particuliers (…) Mais les enfants doivent disposer d'outils Internet simples, transparents et consistants, ainsi que de connaissances et d'aptitudes pour les utiliser ». Rappelant l'objectif de la Commission, de connecter à Internet tous les Européens, sans exception, Mme Kroes a précisé: « Notre initiative rassemble tous les types d'utilisateurs, de manière à ce que les enfants aient accès à plus de contenus de qualité, de services et de la protection dont ils ont besoin pour profiter d'une expérience en ligne positive ». La commissaire travaillera au déploiement de cette stratégie, en collaboration avec les commissaires Viviane Reding (justice) et Cécilia Malmström (affaires intérieures).
Les États membres ont des approches différentes en matière de protection des enfants sur Internet, ce qui handicape l'industrie dans la conception d'outil et de services adaptés. C'est dans l'objectif d'aplanir ces difficultés que la Commission a retenu plusieurs mesures, qui peuvent être appliquées de différentes manières au niveau national, de même que par l'industrie, et qui peuvent déboucher sur des solutions flexibles et rapidement réalisables. La réussite ne sera toutefois pas à la clé, sans la coopération effective des parties concernées, à l'image de la coalition mise sur pied en décembre 2011, de manière volontaire, par 28 entreprises technologiques afin de mieux adapter Internet aux besoins des enfants et le rendre plus sûr. Pour rappel, ces entreprises ont décidé de mener des actions visant à faciliter le signalement de contenus préjudiciables, à veiller à ce que les paramètres de confidentialité soient adaptés à l'âge et à proposer davantage de possibilités en matière de contrôle parental, en prenant en compte les besoins d'une génération qui utilise Internet à un âge de plus en plus précoce (EUROPE n° 10507).
La stratégie que propose la Commission s'articule autour de quatre piliers:
1) stimuler la production de contenus créatifs en ligne de haute qualité spécialement destinés aux enfants et développer des plates-formes qui donnent accès à un contenu approprié pour les plus jeunes utilisateurs ;
2) développer une prise de conscience des dangers d'Internet dans toutes les écoles de l'Union européenne, éduquer dans ces enceintes scolaires les enfants à détenir une bonne maîtrise des outils en ligne, et développer leur auto-responsabilisation ;
3) créer un environnement sûr pour les plus jeunes, où à la fois parents et enfants ont à leur disposition les outils nécessaires à une protection en ligne. Par exemple, des mécanismes de navigation en ligne faciles d'emploi, qui permettent de dénoncer les contenus et comportements inappropriés et indécents, des paramètres par défaut transparents et adaptés à l'âge de l'internaute ou encore des logiciels de contrôle parental faciles d'utilisation ;
4) combattre les abus et l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet grâce à des solutions technologiques innovantes, avec la collaboration de la police. Sur ce dernier paramètre, la stratégie pourra compléter d'autres initiatives d'envergure européenne, comme la recherche des enfants disparus via le numéro d'urgence européen « 116 », et les travaux du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité qui devrait être opérationnel en janvier 2013.
Protéger les enfants en ligne est l'un des objectifs clés de la stratégie numérique pour l'Europe. Bien qu'Internet n'ait pas été créé pour les enfants, ceux-ci surfent de plus en plus fréquemment, et à un âge toujours plus bas. Par exemple, 75% des enfants ont fréquemment recours à Internet et un tiers y ont accès via les « téléphones intelligents » (smartphones), autrement dit sans aucun contrôle parental. Les statistiques les plus récentes démontrent que quatre enfants sur dix ont été exposés à des menaces en ligne, comme du harcèlement en ligne, ou confrontés à des contenus inappropriés faisant, par exemple, l'apologie de comportements dangereux comme l'anorexie, l'automutilation, ou encore ont été incités à communiquer leurs données personnelles. Alors que près de 90% des emplois en 2015 nécessiteront des compétences en ligne, dans tous les secteurs, seulement 25% des jeunes déclarent avoir de hautes compétences en matière d'utilisation des outils en ligne. Accorder plus d'attention aux demandes des enfants en matière d'Internet permettra non seulement de mieux les protéger en ligne, mais aussi de développer des compétences utiles plus tard, lorsqu'ils seront à la recherche d'un emploi. (IL)