login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10606
Sommaire Publication complète Par article 22 / 26
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Nouvelles tensions sur l'accord de pêche

Bruxelles, 02/05/2012 (Agence Europe) - Le Maroc et l'Union européenne engageront dans les semaines qui viennent des discussions exploratoires sur les contours d'un nouveau protocole de partenariat dans le secteur de la pêche, a annoncé en fin de semaine dernière l'ambassadeur du Maroc auprès de l'UE, Menouar Alem, dans une déclaration à l'agence officielle MAP. Le diplomate marocain a indiqué que « la commissaire européenne aux Affaires maritimes et à la Pêche, Maria Damanaki, a fait part, lors de son déplacement la semaine dernière à Rabat, de l'intérêt que porte l'UE à la conclusion d'un nouvel accord de pêche avec le royaume, soulignant que le Maroc a pris note de cette demande comme à son habitude avec beaucoup d'ouverture d'esprit ». Or, selon l'agence, l'ambassadeur conditionne la conclusion d'un accord de pêche à la disponibilité de stocks et cela « à partir du moment où il y a un reliquat qui puisse être offert à ses partenaires étrangers et au premier rang desquels l'UE qui est un partenaire stratégique du Maroc ».

Cette réserve serait à mettre en rapport avec une autre information rapportée par la même source qui souligne les « divergences de vues entre les professionnels marocains de la pêche » sur le renouvellement de l'accord de pêche. « Un éventuel renouvellement de l'accord de pêche Maroc-UE porterait atteinte au secteur de la pêche au Maroc », a affirmé le secrétaire général de la confédération nationale de la pêche côtière dans ce pays, Mohamed Alalou, rétif, selon MAP, aux négociations menées actuellement par la commission mixte des professionnels marocains et espagnols de la pêche. Cette commission est composée du secrétaire général de la confédération espagnole de la pêche, du président de la fédération andalouse des professionnels de la pêche et du vice-président de la fédération des pêcheurs du Maroc. M. Alalou la juge non « représentative ». Il a affirmé que
« les participants à ces négociations, côté marocain, ne représentent qu'eux-mêmes et leur action est motivée par des intérêts personnels ». Leur participation « affaiblira la force de négociation » du Maroc au cas où un accord serait envisagé, a-t-il estimé. Il souligne que « l'ensemble des professionnels du secteur de la pêche sont contre la reconduction de l'accord de pêche en ses termes actuels » car il a « engendré une baisse constante des ressources halieutiques du Maroc », et ajoute que le secteur a besoin plutôt d'un plan d'aménagement pour toutes les filières de la pêche (côtière, hauturière et artisanale). Kamal Sabri, président de la Chambre des pêches maritimes Atlantique Nord et membre de la confédération, est aussi contre tout nouvel accord. Il estime aussi les cinq dernières années ont été marquées par une baisse importante des captures. Pis encore, « on est menacé, d'ici 10 ans, d'épuisement de nos ressources ». Et si un renouvellement était concédé, il faudra, d'après M. Sabri, « repenser ses termes dans le sens d'un renforcement de la coopération avec l'UE en matière d'infrastructures et de mise à niveau de la flotte ».

La commission mixte des professionnels marocains et espagnols de la pêche a, pour sa part, « déploré le blocage du protocole de pêche entre le Maroc et l'UE en l'imputant à des motifs politiques ». Elle s'est prononcée « pour son réexamen sur la base des seuls aspects techniques et économiques et a réaffirmé sa solidarité avec les marins pêcheurs des deux pays ». Elle estime que « la responsabilité de la rupture des négociations incombe aussi bien aux membres de la Commission européenne qu'aux membres du Parlement européen qui ont voté contre la reconduction du protocole de pêche ». En décembre 2011, en réaction à un vote des eurodéputés rejetant la prolongation d'un an de l'accord de pêche UE-Maroc, Rabat avait exigé le départ de la flotte de pêche européenne, essentiellement espagnole. (FB)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL