Bruxelles, 02/05/2012 (Agence Europe) - Après l'expropriation en Argentine de son pétrolier Repsol, l'Espagne connaît une nouvelle désillusion en Amérique du Sud avec la nationalisation en Bolivie de la filiale de son électricien Red Electrica. La Commission presse La Paz d'assurer une indemnisation adéquate.
Deux semaines après la nationalisation par l'Argentine de la filiale locale de Repsol, YPF, c'est au tour de la Bolivie d'exproprier un autre groupe espagnol de sa filiale locale. Le président brésilien Evo Morales a décidé, mardi 1er mai, de nationaliser la filiale locale de la compagnie espagnole d'électricité Red Electrica, Transportadora de Electricidad. M. Morales a en effet signé un décret pour prendre le contrôle des 99,94% de Transportadora de Electricidad détenus par le gestionnaire du réseau de transport d'électricité espagnol, qui gérait jusqu'alors les deux tiers du réseau électrique bolivien.
Réagissant mercredi à cette décision, la Commission européenne a exprimé son inquiétude, plaidant pour une « indemnisation rapide et adéquate » de Red Electrica par le gouvernement bolivien. « Des mesures comme celle-ci envoient forcément un signal négatif aux investisseurs internationaux quant au climat des investissements et des affaires en Bolivie », a souligné John Clancy, porte-parole du commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, dans un communiqué. « Nous sommes convaincus que les autorités boliviennes respecteront intégralement leurs accords d'investissement avec l'Espagne et verseront rapidement une indemnisation appropriée pour cette expropriation », a-t-il toutefois ajouté. Préoccupé par la décision de M. Morales, l'exécutif européen « suivra la situation de près », a encore précisé M. Clancy.
La décision du gouvernement bolivien est aussi vivement critiquée par le gouvernement espagnol qui, s'il réclamera « un prix juste » pour l'expropriation d'un des fleurons de son industrie, se garde de dénoncer une fronde orientée contre ses grands groupes. « Ce n'est pas une situation généralisée » pour l'Amérique latine, a commenté mercredi le ministre espagnol de l'Économie Luis de Guindos, refusant tout parallèle avec l'expropriation récente par l'Argentine de son pétrolier Repsol. (EH)