Rome, 02/05/2012 (Agence Europe) - Les partis et économistes progressistes européens sont convaincus qu'un changement de direction dans la réponse européenne à la crise de la dette souveraine ne peut intervenir qu'avec la victoire du socialiste français François Hollande lors du 2ème tour des élections présidentielles en France. « Je suis convaincu que nous allons gagner en France dimanche. Ce peut être un tournant en Europe », a déclaré Alfred Gusenbauer, ancien chancelier autrichien (2007-2008), mercredi 2 mai à Rome lors d'une conférence organisée par la Fondation européenne des études progressistes (FEPS) et la Fondation Italianieuropei. Selon lui, M. Hollande obtiendra de la chancelière allemande Angela Merkel la possibilité de compléter, par des mesures favorables à la croissance, le traité renforçant la discipline budgétaire signé à 25 pays et déjà ratifié par la Grèce, le Portugal et la Slovénie. Le soutien des sociaux-démocrates allemands est nécessaire pour ratifier le pacte budgétaire, a rappelé M. Gusenbauer. Pour Diego López Garrido, ancien secrétaire d'État espagnol aux Affaires européennes, les élections en France sont « cruciales ».
Considérant lui aussi l'Europe à « un tournant », le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Autrichien Hannes Swoboda, a estimé qu'une arrivée au pouvoir en France de M. Hollande représenterait « un changement énorme non seulement pour la France et l'Allemagne, mais aussi en Italie et en Pologne ». Il a décliné plusieurs éléments d'une initiative européenne qui stimulerait la croissance: - inciter les pays excédentaires à utiliser leur marge de manœuvre budgétaire ; - mutualiser temporairement une partie de la dette souveraine des pays de l'Eurozone par le biais d'un « fonds de rédemption » ; - taxer les transactions financières et lutter davantage contre l'évasion fiscale ; - exempter certains investissements des règles budgétaires européennes. Sur ce dernier point, le groupe S&D s'active pour amender les propositions législatives ('2 pack') complétant le Pacte de stabilité révisé. M. Swoboda a aussi émis la crainte que le 'Sommet sur la croissance' annoncé aboutisse uniquement à un accroissement du capital de la BEI.
Pour l'économiste américain Joseph Stiglitz, aucune économie de marché n'a émergé rapidement de la crise par le biais de politiques uniquement axées sur l'austérité. « Le focus sur l'austérité et les réformes structurelles ne permettront pas à l'euro de fonctionner », a-t-il averti. Il n'a toutefois pas rejeté par principe les « réformes structurelles » mais celles-ci « nécessitent du temps » pour produire leurs effets et peuvent « exacerber le manque de demande ». (MB)