Bruxelles, 27/04/2012 (Agence Europe) - L'Argentine, dont la chambre basse du Parlement doit valider la semaine prochaine l'expropriation du pétrolier espagnol Repsol de sa filiale nationale YPF, juge la réaction de l'UE « inacceptable » et « démesurée ». Et refuse de se voir donner des leçons.
« L'argumentaire et le ton de vos commentaires sur Repsol YPF m'ont tous deux surpris. La réaction est démesurée et l'argumentaire mérite une analyse plus détaillée », écrit le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, en réponse au courrier du 19 avril du commissaire au Commerce Karel De Gucht (EUROPE n° 10600). Le ministre argentin fait valoir que Repsol a réduit la production de gaz de 25,4% et celle de pétrole de 38,3% entre 1999 et 2011, avec une réduction des réserves pétrolières de 40,5% et de gaz de 47,1%. Pendant ce temps, Repsol « a montré des niveaux de rentabilité inouïs », notamment en augmentant les prix et en distribuant 15,72 milliards de dollars (11,90 milliards d'euros) en dividendes. « Je trouve inacceptable que vous mettiez en cause la politique commerciale de notre pays », déplore M. Timerman. Quant à la décision de l'Espagne de ne plus importer du biodiesel argentin, elle représente une « discrimination inacceptable » qui affectera les exportations de l'Argentine vers son partenaire européen, soit 10% des exportations vers l'UE. Enfin, Karel De Gucht ayant rappelé Buenos Aires à l'ordre sur ses engagements en faveur du libre-échange au sein du G20, M. Timerman appelle l'UE à « respecter ses propres engagements au lieu de s'arroger un rôle d'évaluation d'autres membres du G20 que personne ne lui a octroyé ». (EH)