Bruxelles, 27/04/2012 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur réunis à Luxembourg ont débattu le 26 avril du phénomène des terroristes solitaires et des moyens de renforcer leurs actions, cela à la lumière des récentes tueries de Toulouse et Montauban, perpétrées par Mohamed Merah, mais aussi des massacres perpétrés l'été dernier en Norvège par Anders Berhring Breivik. Le coordinateur de la lutte anti-terroriste de l'UE, le Belge Gilles de Kerchove, est venu présenter aux ministres plusieurs pistes de réflexion. Depuis 2008, a expliqué le coordinateur, 13 attentats ont été commis par des individus isolés en Europe, la plupart relevant de l'islam radical et de l'extrême-droite, a indiqué M. de Kerchove. Ce terrorisme de « loups solitaires » ainsi que le phénomène de radicalisation constituent même aujourd'hui la « plus grande menace » à la sécurité des pays de l'UE, a dit la commissaire Cécilia Malmström sur son blog. Pour le coordinateur, plusieurs actions doivent être privilégiées, comme le renforcement des liens entre les services de renseignement et les acteurs de terrain comme les acteurs sociaux ou encore avec le secteur privé, les sociétés de transport par exemple.
La surveillance du web devrait également être renforcée, a dit M. de Kerchove et passer « à la vitesse supérieure », le coordinateur souhaitant notamment mettre en place un pôle d'excellence. Sur la question des sites web radicaux, l'action des autorités reste délicate avec des fournisseurs d'accès à Internet pas forcément favorables à la suppression des sites web. L'UE devrait aussi plancher sur le renforcement de ses contre-arguments à la propagande d'Al-Qaïda, par exemple. D'autres actions doivent également être menées, a poursuivi le coordinateur, notamment la prévention de la radicalisation dans les prisons en aidant dirigeants d'établissements ou surveillants à détecter certains comportements.
Au rang des actions immédiates, les vingt-sept ministres de l'Intérieur avaient justement sur leur table, jeudi 26 avril, les propositions de directive relatives au PNR européen ainsi qu'à la commercialisation et l'enregistrement des précurseurs d'explosifs. Sur le programme PNR européen, les Vingt-sept se sont entendus sur un compromis de la présidence danoise, portant notamment à 2 ans le délai au delà duquel les données pourront être « anonymisées » et laissant à ce stade le choix aux États membres d'inclure des vols intra-européens dans l'application de leur système PNR. Pas parfait, ce dernier point devra encore être discuté, notamment avec le Parlement européen.
Sur les précurseurs d'explosifs, les ministres ont également un peu avancé, sans toutefois parvenir à adopter le projet. Cette directive doit limiter l'accès du public aux substances, comme l'acide nitrique ou le nitrométhane, permettant de fabriquer des bombes mais le texte introduit des dérogations pour des particuliers qui pourraient, sur la base d'un système d'enregistrement ou de licence, se procurer certaines quantités de ces substances. (SP)