Bruxelles, 16/03/2012 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres devrait adopter lundi 19 mars à la majorité qualifiée une approche générale sur le texte qui supprime les dérogations à la règle générale interdisant depuis 2003 la pratique par les pêcheurs de l'enlèvement des nageoires de requin (pratique qui consiste à enlever les nageoires des requins, le reste du corps étant rejeté en mer). Les délégations portugaise et espagnole voteront contre l'orientation générale. L'Espagne aurait souhaité une dérogation temporaire pour les navires à longue distance (pour maintenir des durées brèves de manutention portuaire et pour garantir la qualité des produits et la certification d'origine). Le Portugal demandait aussi un délai pour trouver des solutions pratiques au traitement à bord. Le Conseil attend désormais la position du Parlement européen en première lecture avant de formaliser sa position.
Les poissons appartenant au taxon des Elasmobranchii, y compris les requins, les pocheteaux et les raies, sont généralement « très vulnérables à la surexploitation en raison des caractéristiques de leur cycle de vie, à savoir leur croissance lente, leur maturité tardive et le petit nombre de juvéniles », explique le règlement.
Au cours des dernières années, certaines populations de requins ont été fortement pêchées à cause de la forte demande en nageoires (pour la fabrication des soupes asiatiques). Le règlement de 2003 prévoit la délivrance de permis de pêche spéciaux autorisant la transformation à bord et permettant l'enlèvement des nageoires des requins. Le Conseil impose ainsi, comme le conseillaient les scientifiques et conformément à la proposition initiale de la Commission, l'éradication sans exception de la pratique du « finning » et prévoit que toutes les espèces élasmobranches soient débarquées avec les nageoires/ailes attachées au corps. Le règlement stipule aussi que lorsque les navires battant pavillon d'un État membre capturent, détiennent à bord, transbordent ou débarquent des requins, l'État membre du pavillon transmet à la Commission, avant le 1er mai, un rapport annuel global sur la mise en œuvre du règlement au cours de l'année précédente avec plusieurs informations (nombre d'opérations de débarquement dans le cadre desquelles la présence de requins a été déclarée, nombre d'inspections réalisées au cours de ces opérations de débarquement ; et nombre de cas de non-conformité constatés, y compris une identification complète du ou des navires concernés). (LC)