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Bulletin Quotidien Europe N° 10576
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) piraterie

Les députés pour une action rapide de l'UE

Strasbourg, 16/03/2012 (Agence Europe) - L'arrestation par les autorités indiennes de deux fusiliers marins italiens qui avaient tiré sur des pêcheurs, les prenant pour des pirates, a relancé le débat sur la piraterie au Parlement européen. Les députés ont averti la Commission, mercredi 14 mars, qu'il était d'urgent d'agir pour lutter contre ce phénomène qui prend de l'ampleur dans la corne de l'Afrique. Il en va de la sécurité des routes maritimes, de la protection des marins et de la garantie des intérêts commerciaux, clament-t-ils. Si la Commission préconise une action commune avec l'Organisation maritime internationale, les députés estiment que l'UE doit agir sans attendre. Donc seule s'il le faut. Concernant les marins italiens toujours en détention, le commissaire européen au Développement Andris Piebalgs a assuré que l'UE s'était mise en rapport avec New Dehli pour trouver une issue à cette question, et que la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères faisait le maximum à ce sujet. Catherine Ashton a aussi été en rapport avec le Premier ministre italien Mario Monti concernant cette affaire.

Plusieurs suggestions ont émané des discussions entre les députés sur base de constats accablants dans une région qui, il y a quelques années, n'était pas réputée pour des actes de piraterie: Saïd El Khadraoui (S&D, belge) a rappelé que 300 attaques avaient eu lieu l'année dernière, Georgios Koumoutsakos (PPE, grec) a noté que les pertes dues à la piraterie s'élèveraient entre 7 à 12 milliards de dollars, et Peter van Dalen (CRE, néerlandais) a fait référence aux centaines de marins détenus. Mmes Vlasto (PPE, française) et Bilbao (ADLE, espagnole) ont regretté l'affaiblissement de la mission européenne de protection des navires ATALANTA. Plusieurs parlementaires ont demandé à ce que la Commission uniformise les règles prévalant pour le recours à des compagnies privées de sécurité, certains pays l'autorisant, d'autres non ; or de plus en plus d'armateurs doivent faire appel à leurs services. M. Koumoutsakos a suggéré l'établissement d'un représentant de l'UE dans la corne de l'Afrique. M. van Dalen a aussi réitéré sa proposition de cartographier les flux financiers des revenus de la piraterie, qui sont blanchis dans des banques africaines mais aussi européennes. Mais les intervenants sont tous en faveur de réactions rapides de la part de l'UE, avec une approche globale et intégrée, car la piraterie touche autant au maritime qu'au transport mais trouve aussi ses racines dans des problèmes liés au développement. Omarjee Younous (GUE/NGL, français) a critiqué « les accords de pêche européens qui mènent au pillage de leur poisson (…). Sous couvert de lutte contre piraterie, ce sont des intérêts géostratégiques qui ont permis le développement de ce phénomène ». La commission parlementaire en charge des transports (TRAN) prépare un projet de résolution sur le sujet qui pourrait être voté lors de la prochaine plénière du Parlement. Elle collaborera vraisemblablement avec d'autres commissions pour sa rédaction. La commission en charge des affaires étrangères reviendra aussi sur la question dans un projet de résolution sur la Corne d'Afrique. (MD)

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