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Bulletin Quotidien Europe N° 10576
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) nigeria

Réprimer Boko Haram et analyser les causes du conflit

Bruxelles, 16/03/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen condamne avec la plus grande vigueur les attentats terroristes commis par la secte islamiste Boko Aram dans le nord du Nigeria et le meurtre des otages britannique et italien Chris McManu et Franco Lamolinar, prie le gouvernement du Nigeria de mettre fin à la violence le plus rapidement possible. Mais au-delà des tensions religieuses « profondément enracinées » mais qu'exacerbe Boko Haram en tirant de là « son pouvoir de nuire », c'est à l'analyse plus poussées des causes du conflit qu'appellent les eurodéputés - ainsi qu'à des mesures pour s'attaquer aux abus commis par les compagnies pétrolières opérant dans ce pays. La résolution sur la situation au Nigeria, adoptée à main levée jeudi 15 mars à Strasbourg, relaie ce message et invite Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE, à prendre des mesures en conjuguant la diplomatie et la coopération au développement à long terme afin d'assurer la paix, la sécurité, la bonne gouvernance et le respect des droits de l'Homme au Nigeria. L'UE est également instamment priée de poursuivre son dialogue politique avec le Nigeria (au titre de l'article 8 de l'accord de Cotonou liant l'UE et les pays ACP) et à régler dans ce cadre les questions de droits de l'Homme universels, et en particulier, « la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de croyance et la lutte contre toutes les formes de discrimination ».

« Ce n'est pas un hasard si Boko Haram sévit dans le nord du pays, région qui connaît une situation socio-économique des pires, une région des plus oubliées du monde. Boko Haram vise l'État laïc démocratique, tant les chrétiens que les musulmans », a souligné devant la plénière Villy Sovndal, le ministre danois des Affaires étrangères qui représentait Mme Ashton. Pour Mario Mauro (PPE, Italie), rapporteur, les deux otages européens assassinés « ont été victimes d'une stratégie féroce, comme les Nigérians. Derrière ces tensions ethnico-religieuses se cachent des stratégies de pouvoir pour obtenir le contrôle sur les ressources énergétiques ».

La résolution demande au président du Nigeria d'encourager le dialogue interreligieux et interconfessionnel et de renforcer la liberté de pensée, de conscience et de religion. Le gouvernement fédéral est, quant à lui, invité à mener une enquête sur les causes des récents accès de violence et à réprimer sévèrement Boko Haram, possiblement lié à AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique). Le Parlement appelle les autorités à lutter contre la corruption, à combler le fossé énorme entre les riches et les pauvres qui souffrent de « conditions de vie déplorables » et à « éviter les explications vagues et simplistes fondées sur la seule religion ». Les autorités nigérianes et les entreprises étrangères opérant dans le secteur pétrolier nigérian doivent respecter l'initiative en faveur de la transparence dans les industries extractives et publier les sommes qu'elles versent au gouvernement nigérian, estime le Parlement, tout comme elles devraient nettoyer la pollution dans le delta du Niger. (AN)

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