Bruxelles, 16/03/2012 (Agence Europe) - Alors que 60% seulement de la population mondiale a accès à l'eau, cette ressource de plus en plus rare est un bien commun de l'humanité qui ne saurait en tant que telle être une source de profit et devrait être accessible à tous, a réaffirmé le Parlement européen dans une résolution adoptée jeudi 16 mars, à l'heure où se tenait le 6ème Forum mondial de l'eau (FME) organisé par le Conseil mondial de l'eau à Marseille (12-17 mars). Suivant leur rapporteur Richard Seeber (PPE irlandais) qui est aussi président de l'intergroupe parlementaire sur les questions liées à l'eau, les eurodéputés ont exprimé là, le message essentiel que le Parlement est allé délivrer à Marseille le jour même.
La veille, à l'initiative du PNUD avait été signée par les participants au FME une Charte internationale pour promouvoir l'accès universel à l'eau et à des services d'assainissement par la solidarité au niveau local (The Global Water Solidarity Platform), soutenue par les gouvernements français et suisse.
« L'eau est au cœur de toute vie et de tout développement économique dans le monde. C'est une ressource qui devient toujours plus précieuse et rare. Nous devons la traiter avec davantage de soin. Nous allons trouver des moyens, tant au niveau européen qu'international, pour assurer la gestion durable de l'eau. Le changement climatique et la croissance de la population mondiale amplifient le problème. C'est pourquoi l'UE doit mettre au point une politique de l'eau stratégique et à long terme », souligne M. Seeber. C'est ce à quoi appelle notamment la résolution. Le Parlement demande aussi à la Commission et aux 27 de s'engager davantage pour la réalisation complète des objectifs du Millénaire pour le développement dans le domaine de l'eau et de l'assainissement. Le Parlement invite aussi tous les pays du monde à se fixer d'ici à 2015 un objectif quantitatif pour la réduction de la pollution chimique ou biologique par les eaux urbaines ou les activités de surface afin de protéger ou rétablir la qualité des eaux et renforcer la pérennité des ressources en eau et des écosystèmes.
Pour les Verts français au Parlement, le Forum mondial de l'eau est avant tout une foire commerciale, et même si la résolution du Parlement européen est la preuve de ses bonnes intentions, il est à craindre que l'eau reste à l'origine de nombreux problèmes à l'avenir. Pour la Française, Michèle Rivasi, vice-présidente des Verts/ALE, cet enjeu majeur ne doit pas tomber dans les mains du privé. « L'accès à l'eau potable est devenu un droit fondamental depuis 2010, mais il faut aller plus loin: il faut constitutionnaliser ce droit et promouvoir une gestion globale de l'eau en tant que bien public mondial. Pour ce faire, nous ne pouvons laisser les entreprises privées garder la main sur le marché de l'eau ». Aussi appelle-t-elle à l'intégration du FME dans le processus onusien. (AN)