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Bulletin Quotidien Europe N° 10562
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Barroso, pas d'accord sur le pare-feu au Conseil européen

Bruxelles, 27/02/2011 (Agence Europe) - La décision sur une augmentation des ressources du pare-feu anticrise européen sera prise dans le courant du mois de mars, mais pas à l'occasion du Conseil européen de printemps (jeudi 1er et vendredi 2 mars), a déclaré lundi 27 février le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. M. Barroso a ainsi prévenu d'emblée qu'aucun accord ne serait probablement marqué sur une combinaison du futur Mécanisme européen de stabilité (MES) avec le reste des capacités d'action du Fonds européen de stabilité financière (FESF), malgré une forte pression exercée par les ministres des Finances du G20 (voir autre nouvelle). Si l'Allemagne campe seule sur sa position défensive, qui consiste à nier la nécessité de combiner les deux fonds de sauvetage (EUROPE n°10560), le président de la Commission a invoqué une autre explication du blocage actuel: un recul suffisant est nécessaire par rapport aux répercussions des dernières décisions prises sur le 2ème programme de sauvetage pour la Grèce.

L'absence d'un accord rapide sur le renforcement du pare-feu risque d'accroître l'impatience des membres non européens du G20 qui ont conditionné, dimanche 26 février, l'accroissement des ressources du Fonds monétaire international à la mise en place d'un mécanisme européen plus robuste pour parer à toute éventualité d'une contagion de la crise. Toutefois, après l'intervention de M. Barroso, qui s'exprimait dans le cadre de la conférence 'The EUROPE 2020 Summit: Unleashing growth and creating jobs', organisée par le Lisbon Council, les deux participants subséquents ont présenté des points de vue radicalement divergents sur cette question, malgré une position commune quant à l'urgence de la mise en place du pare-feu. Ainsi, pour Lucio Vinhas de Souza, directeur général de l'agence de notation Moody's, l'incertitude quant à l'aspect final du pare-feu européen et des ressources dont celui-ci disposera est actuellement un des problèmes majeurs qui porte en soi le risque d'une méfiance grandissante envers les capacités de l'UE à gérer la crise. Le désaccord avec l'économiste en chef du Lisbon Council Alessandro Leipold a surgi au moment de savoir si l'UE devait seule résoudre ses propres difficultés. Si M. de Souza a répondu par l'affirmative, pour M. Leipold, compte tenu de la forte interdépendance entre les principales économies internationales, la zone euro ne constitue pas un ensemble optimal pour un partage réel des risques. Une crise systémique ne peut être résolue qu'avec l'intervention d'un acteur extérieur, tel que le FMI, qui serait le seul capable d'assurer une coordination efficace, a-t-il expliqué. (JK)

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