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Bulletin Quotidien Europe N° 10562
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

L'UE durcit ses sanctions et appelle l'opposition à s'unir

Bruxelles, 27/02/2012 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères ont adopté, lundi 27 février, de nouvelles sanctions contre la Syrie, dont un gel des biens de la banque centrale syrienne, une interdiction du commerce de métaux précieux, de l'or et des diamants et un embargo sur les vols fret opérés par les transporteurs syriens. Sept ministres, associés à des violations des droits de l'homme, vont être ajoutés à la liste des 150 personnes et organisations privées de visa et concernées par un gel d'avoirs. Dans ses conclusions, le Conseil a appelé la communauté internationale à joindre ses efforts. Il a une nouvelle fois condamné « tous les meurtres des civils désarmés » et appelé les autorités à cesser « immédiatement » la violence. La France soutient une saisine de la justice internationale pour sanctionner la répression du régime, a par ailleurs annoncé le ministre Alain Juppé.

Le Conseil a aussi demandé au régime d'autoriser un « accès complet et sans entrave » du personnel humanitaire. Les ministres ont appelé le gouvernement et toutes les parties « à respecter pleinement l'impartialité et l'indépendance des organisations et des travailleurs humanitaires ». Selon le ministère polonais des Affaires étrangères, son ambassade à Damas participe aux tentatives d'évacuation des journalistes occidentaux et est en contact permanent avec les diplomates français, britanniques et américains, les autorités syriennes et le Croissant rouge syrien.

Soutien à l'opposition et à la diplomatie

Les ministres ont aussi rappelé leur soutien à l'opposition et ont appelé ses représentants à progresser « dans la formation d'une plateforme unie et non exclusive ». L'UE a reconnu le Conseil national syrien comme « un représentant légitime des Syriens qui cherchent le changement démocratique de manière pacifique ».

Les ministres ont salué la nomination de l'ancien secrétaire général des Nations unies en tant qu'envoyé spécial pour l'ONU et la Ligue arabe sur la crise syrienne.

En amont du Conseil, les ministres ont rappelé leur opposition à une intervention militaire. « L'option militaire n'en est pas une, cela ne ferait qu'aggraver la situation. (…) L'option c'est la voie diplomatique et le soutien à Kofi Annan », a expliqué le Luxembourgeois Jean Asselborn. « Nous ne voulons pas plus d'armes dans cette région, il y en a déjà trop. La seule option est politique », a expliqué le Danois Villy Sovndal, au sujet de la fourniture d'armes à l'opposition syrienne.

Les ministres ont aussi discuté de leur représentation sur place. Selon une source diplomatique, « la plupart des ministres » ne souhaitent pas fermer leur ambassade à Damas pour pouvoir aider leurs ressortissants. Pour le Belge Didier Reynders, l'UE doit se « coordonner ». « Nous devons voir comment maintenir une représentation, mais peut être plus réduite », a-t-il annoncé avant la réunion.

Le référendum: une mascarade

Les ministres français et britannique ont dénoncé le référendum organisé dimanche 26 par le régime syrien sur la Constitution, approuvé par 89,4% des votants. « Quand on voit El Assad sourire en votant sur ce référendum qui n'est qu'une sinistre mascarade, on ne peut être qu'indigné car en même temps des bombes sont en train de tomber », a souligné M. Juppé. Pour William Hague, « le vote n'a trompé personne. Ouvrir des bureaux de vote tout en continuant à ouvrir le feu sur les civils, ce n'est pas crédible aux yeux du monde ». (CG)

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