Bruxelles, 23/02/2012 (Agence Europe) - Le gouvernement grec a signé le 22 février la Convention d'assistance administrative mutuelle en matière fiscale, un accord multilatéral développé par le Conseil de l'Europe et l'OCDE, qui instaure une coopération étroite et un échange d'informations entre les administrations fiscales des États adhérents. L'adhésion à cet accord, signé jusqu'ici par 33 pays, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore les États-Unis, devrait permettre à l'État grec d'obtenir plus facilement des informations pour lutter contre l'évasion fiscale, à un moment où il doit consolider de manière urgente ses finances publiques pour satisfaire les exigences de ses créanciers. Commentant cette adhésion, l'OCDE parle de « solutions à l'étude » pour fournir à la Grèce des « moyens adéquats » pour augmenter ses recettes fiscales « en prenant en compte les montants énormes convoyés en Suisse par des ressortissants grecs et la difficulté technique pour l'administration fiscale grecque de lutter contre la fraude fiscale internationale ».
Parallèlement, et toujours dans l'espoir de faire rentrer des capitaux, depuis le mois d'octobre dernier la Grèce a ouvert des tractations avec la Suisse pour examiner la possibilité d'un accord libératoire de type « Rubik », similaire à ceux déjà conclus par Berne avec Berlin et Londres (EUROPE n° 10499). Pour l'instant, aucune décision n'a été prise, mais l'urgence de sa situation budgétaire pourrait pousser Athènes à entamer des négociations formelles sur cette voie. Cette éventualité avait donné lieu à une dure réaction de Catherine Trautmann (S&D, française), le 15 février, durant la session plénière du Parlement (EUROPE n° 10554), qui avait critiqué ce type d'accord et demandé à la Commission européenne d'agir face à l'évasion de capitaux grecs en Suisse en réclamant la communication des données bancaires, comme l'ont obtenue les États-Unis. (FG)