Bruxelles, 23/02/2012 (Agence Europe) - Le Conseil des Affaires étrangères du lundi 27 février devrait geler les avoirs et interdire de visas sept ministres syriens, a annoncé, jeudi 23 février, un diplomate européen (EUROPE n° 10559).
Lors du Conseil du 27 février, mais aussi lors de la conférence des amis de la Syrie, ce vendredi 24 à Tunis, l'UE et ses partenaires devraient discuter de l'aide humanitaire. Un haut représentant américain a annoncé qu'un plan pour « la fourniture d'aide humanitaire dans les prochaines jours » allait être proposé à Tunis, soulignant que « le régime syrien sera mis au défi d'y répondre ».
Un haut fonctionnaire européen a révélé que les discussions les plus avancées portent sur la création d'une trêve de quelques heures. « C'est de cela dont on discute », a-t-il précisé ajoutant que les organisations spécialisées s'interrogent sur la faisabilité d'un corridor humanitaire, idée soutenue par la France, en raison de la « situation géographique » de la Syrie.
« La conférence de Tunis doit être l'occasion de mettre en place une aide humanitaire internationale et de faire avancer des solutions pour permettre l'accès de cette aide », a souligné le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Mercredi, la Haute représentante de l'UE a appelé les autorités syriennes à « permettre un accès complet et sans entrave du personnel humanitaire (…) pour la livraison en temps opportun de l'aide humanitaire aux personnes qui ont besoin d'assistance ». Le secrétaire général des Nations unies a demandé à la responsable des opérations humanitaires de l'ONU de se rendre en Syrie, dès qu'elle aurait l'autorisation de Damas, pour évaluer la situation humanitaire et réitérer la demande de l'ONU d'un accès humanitaire urgent. Jeudi, un diplomate européen a rappelé qu'une action militaire n'est « pas envisagée pour l'heure ». Mercredi, le Conseil national syrien a déclaré qu'une intervention militaire étrangère pourrait être la « seule option » pour mettre un terme au « massacre ». « Nous avons le choix entre deux maux: une intervention militaire ou une guerre civile », a-t-il expliqué.
Le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme disposerait d'une liste confidentielle de hauts responsables politiques et militaires soupçonnés d'être impliqués dans des crimes contre l'humanité. Des abus des droits de l'Homme commis par des groupes de l'Armée syrienne libre auraient aussi été identifiés. (CG)