Bruxelles, 23/02/2012 (Agence Europe) - Une enquête antisubventions sur les importations d'acier à revêtement organique chinois, qui complète une enquête antidumping sur le même produit, n'est pas du goût d'une Chine prête à marchander son soutien financier à une Europe en proie à la crise de la dette.
Le ministère chinois du Commerce n'a pas hésité à lier, via un communiqué publié sur son portail Internet, jeudi 23 février, l'aide financière que Beijing pourrait apporter à l'UE pour résoudre la crise de la dette souveraine, à deux enquêtes antidumping et antisubventions visant les exportations chinoises d'acier à revêtement organique, un produit utilisé dans les appareils électroménagers, les matériaux de construction, les équipements de chauffage et les meubles. Aux yeux de Beijing, les deux enquêtes, la première lancée en décembre 2011 et la seconde cette semaine, « pourraient conduire à deux mesures distinctes, ce qui violerait les règles de l'OMC ». « Alors que l'économie mondiale n'est toujours pas sortie de la crise financière, alors que plusieurs pays européens sont enfoncés dans la crise de la dette souveraine, tous les pays devraient adopter une attitude coopérative, ouverte et tolérante pour surmonter ensemble cette crise. Mais l'enquête antisubventions lancée par l'UE envoie au monde extérieur un mauvais signal protectionniste qui jette non seulement une ombre sur le commerce régulier entre l'Europe et la Chine en matière d'acier, mais va nuire à leurs efforts conjoints pour répondre à la crise », avertit le ministère chinois du Commerce.
La Chine, qui dispose des plus grandes réserves de change du monde (évaluées à 3 200 milliards de dollars fin 2011) a laissé plusieurs fois entendre qu'elle pourrait participer aux fonds de secours européens.
L'enquête antisubventions sur l'acier à revêtement organique chinois a été lancée suite à une plainte d'Eurofer, qui représente plus de 70% des producteurs européens des produits concernés.
La Commission avait déjà lancé, à la mi-février, deux nouvelles enquêtes antidumping visant des produits importés de Chine, la première sur ses articles en céramique pour la table et la cuisine, la seconde sur ses accessoires de tuyauterie filetés, moulés, en fonte malléable. (EH)