Bruxelles, le 21/02/2012 (Agence Europe) - Le Portugal n'est pas la Grèce et aucun plan d'ajustement du programme d'aide portugais n'est actuellement sur la table, a indiqué mardi 21 février le commissaire en charge des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, à l'issue de la réunion ÉCOFIN.
La veille, la Banque nationale portugaise avait annoncé une augmentation de la dette publique portugaise à 107,2 % du PIB portugais fin 2011 contre 93,4 % un an auparavant, conformément aux prévisions du FMI. La dette publique a atteint 183 milliards d'euros à la fin 2011 contre 161 milliards un an auparavant et le FMI s'attend à ce que la dette atteigne 118 % du PIB en 2013. Des estimations, couplées à de mauvaises perspectives de croissance (une récession de 3% pour 2012) qui ont relancé ces dernières semaines les questions sur la capacité de Lisbonne à rester dans les clous de son programme d'aide de 78 milliards d'euros.
Des interrogations qui n'ont pas lieu d'être à l'heure actuelle, a tenu à rassurer le commissaire, indiquant que les Européens n'avaient à ce jour « pas l'intention de modifier » les contours du programme portugais tels que définis en mai 2011. Le commissaire a répété que l'implication du secteur privé dans la restructuration de la dette était un cas « spécifique et unique » à la Grèce et qu'il ne se « répéterait pas aux autres pays de la zone euro ». M. Rehn a encore rappelé que la mise en œuvre du programme d'austérité était au Portugal, comme en Irlande, sur « les rails » et a seulement indiqué qu'il se réserverait le droit d'évaluer les résultats de la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE), actuellement à Lisbonne et qu'elle doit remettre la semaine prochaine. Et si des adaptations sont toujours possibles pour les pays sous assistance, a poursuivi Olli Rehn, elles se font toujours dans le cadre des « décisions initiales » arrêtées.
Vendredi 17, le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho avait à nouveau indiqué que son pays ne « demanderait pas de nouveau financement d'urgence ou d'extension du plan de renflouement actuel » à ses créanciers et qu'il s'était engagé « à tenir l'objectif de réduction du déficit public à 4,5% du PIB cette année contre 5,9% en 2011 ».
Mais le leader socialiste Antonio Seguro est lui d'avis que le Portugal aura besoin de « plus de temps » pour atteindre les objectifs fixés par la 'troïka', en l'occurrence « une année » de plus pour que le pays puisse « consolider ses finances publiques », rapporte l'agence Reuters. Il l'a d'ailleurs dit lors d'une rencontre avec la 'troïka' qui effectue depuis mercredi dernier sa 3ème évaluation des réformes demandées. (SP)