Bruxelles, 21/02/2012 (Agence Europe) - L'ampleur de la crise humanitaire qui menace la Syrie et la réponse aux crises humanitaires en Somalie et au Sahel ont été au cœur des entretiens qu'ont eus, le 21 février à Bruxelles, Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale et l'Aide humanitaire, et Valérie Amos, sous-secrétaire générale des affaires humanitaires et coordinatrice des secours d'urgence de l'ONU (OCHA). Une occasion pour elles de faire le point à deux jours de la conférence internationale de Londres sur la Somalie (EUROPE n°10557), de lancer un vibrant appel au respect des principes du droit humanitaire international en Syrie, et de se réjouir de l'engagement clair, pris la semaine dernière à Rome, d'assurer au Sahel la transition entre l'aide humanitaire et l'aide au développement.
Syrie. Extrêmement préoccupée par « la situation qui continue de se détériorer à l'intérieur du pays », Mme Georgieva a rappelé que 3 millions d'euros d'aide humanitaire ont été engagés par la Commission pour fournir une aide médicale dans le pays et se préparer à secourir les réfugiés dans les pays voisins. « Les gens souffrent à Homs, à Daraa, à Hama. J'appelle, dans les termes les plus fermes, le gouvernement syrien et toutes les parties à respecter la neutralité des travailleurs humanitaires. L'aide humanitaire doit parvenir aux victimes et en aucun cas elle ne doit être politisée », a martelé la commissaire. Mme Georgieva a tenu à féliciter la Croix rouge et le Croissant rouge syrien « pour les efforts courageux qu'ils déploient pour fournir une assistance considérable aux populations affectées », et la Turquie, la Jordanie et le Liban « pour leur hospitalité ».
La situation sur le terrain étant aggravée par l'insécurité ambiante, Valerie Amos s'est réjouie que les parties syriennes aient annoncé la veille rechercher un accord pour faire une pause dans le conflit sur une base quotidienne afin de permettre à davantage d'aide humanitaire, et notamment d'aide alimentaire d'entrer dans le pays. « C'est une crise majeure des droits de l'Homme avec des conséquences très graves au plan humanitaire. J'en appelle à toutes les parties pour qu'elles résistent à la violence et reconnaissent l'importance de protéger les civils et de garantir le plein accès aux organisations humanitaires pour secourir les populations en détresse », a-t-elle déclaré.
Sahel. Mme Amos a insisté sur la nécessité d'aider les populations locales à développer leur résilience pour se relever plus rapidement de crises alimentaires récurrentes et a souligné l'ampleur des défis régionaux (afflux de réfugiés de Lybie et de populations fuyant le conflit au Mali pour se rendre au Niger) aggravant la crise alimentaire. Mme Georgieva a rappelé qu'en réponse à l'appel de l'ONU, la Commission a engagé 275 millions d'euros pour secourir près de 12 millions de personnes menacées de famine. Et d'ajouter: « Si nécessaire nous ferons plus ». (AN)