Bruxelles, 25/01/2012 (Agence Europe) - La présidence danoise est venue présenter ses priorités en matière de santé aux députés de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire au Parlement européen. Indisponible, la ministre responsable (Astrid Krag) avait cédé le micro à son homologue Pia Olsen Dyhr, ministre du Commerce extérieur et des Investissements.
La tâche de la présidence danoise en matière de santé sera ardue, vu les nombreuses propositions que la Commission européenne a publiées récemment en matière de santé, a souligné Mme Olsen Dyhr. La présidence a néanmoins dégagé trois grands domaines, dans lesquels elle espère aboutir à des avancées: 1) l'innovation, avec l'initiative « Smart health - Better lives ». Le Danemark veut améliorer le cadre d'innovation sur les soins de santé, afin de renforcer la position de l'Union européenne en matière de soins de santé sur la scène mondiale. Il faut également entamer les discussions sur la révision de la directive sur les dispositifs médicaux afin de trouver un équilibre entre la santé des patients et les éléments favorable à l'innovation ; 2) les maladies chroniques: celles-ci constituent un défi pour la santé en Europe, avec une population vieillissante, de plus en plus affectée par les maladies chroniques. Le Danemark veut développer le débat sur l'accès aux médicaments et l'autonomisation des patients, afin que ceux-ci puissent gérer leur maladie personnellement dans le meilleur environnement possible. Les nouvelles technologies représentent, dans cette optique, un grand espoir pour une autonomisation accrue des patients, avec un recours moins fréquent aux services hospitaliers ; 3) la résistance aux antibiotiques: il s'agit d'un problème transfrontalier et l'Union européenne devra intensifier sa collaboration avec les autres pays du monde. Il faut renforcer la coopération entre la médecine humaine et vétérinaire, pour lutter plus efficacement contre la résistance aux antibiotiques. Un travail de sensibilisation doit être fait pour éviter la surconsommation d'antimicrobiens et d'antibiotiques. La présidence danoise veut adopter des conclusions au Conseil et obtenir un soutien politique sur cette problématique.
La présidence danoise veut également poursuivre les discussions sur plusieurs autres propositions de la Commission. À propos du plan d'action pour les soins de santé 2014-2020, la présidence danoise poursuivra les travaux entamés par la présidence polonaise qui avait organisé un premier échange de vues sur le sujet. Débat qui s'était conclu sur la nécessité de diminuer le nombre d'objectifs tout en développant de manière plus approfondie ceux qui auront été retenus. La ministre de la Santé danoise veut aussi aborder les maladies contagieuses, afin de parvenir à une meilleure prévention des crises, par rapport à la proposition de la Commission sur le sujet. Le Danemark espère également poursuivre le débat en ce qui concerne la surveillance et l'autorisation des médicaments. En matière d'informations aux patients, pour les prescriptions médicales, la présidence voudrait aussi pouvoir dégager un consensus, alors que des divergences de vues existent entre les États membres. Enfin, la ministre espère encore pouvoir discuter de la transparence des prix, dont l'objectif est un accès unique et transparent des patients aux médicaments.
Plusieurs questions ont émergé sur la sécurité des dispositifs médicaux, suite au scandale des implants mammaires, dans le cadre du débat mené la veille au Parlement (voir plus bas). Les députés Peter Liese (PPE, allemand), Linda McAvan (S&D, britannique), Corinne Lepage (ADLE, française), Miroslav Mikolásik (PPE, slovaque), et Sophie Auconie (PPE, française) ont encouragé la présidence danoise à organiser un débat approfondi à ce sujet. Si les députés ont, dans l'ensemble, approuvé le choix de la présidence danoise pour ses priorités, plusieurs députés ont évoqué d'autres thèmes importants qu'ils souhaiteraient voir abordés durant la présidence danoise. Notamment l'impact des produits chimiques sur la santé ou les perturbateurs endocriniens (Elena Oana Antonescu (PPE, roumaine), Dan Jorgensen (S&D, danois), Asa Westlund (S&D, suédoise), Kriton Arsenis (S&D, grec), Michèle Rivasi (Verts/ALE, française)), la santé mentale (Nessa Childers, S&D, irlandaise), la lutte contre l'obésité (Glenis Willmott (S&D, britannique)), la protection des non-fumeurs (Miroslav Mikolásik), les vaccins (Karin Kadenbach (S&D, autrichienne), les nuisances liées aux ondes électromagnétiques (Michèle Rivasi). Mme Olsen Dyhr s'est montrée attentive tout en soulignant l'obligation pour une présidence de s'en tenir à des objectifs limités.
Implants mammaires: les députés veulent un contrôle plus strict et une meilleure traçabilité
Le scandale des implants mammaires défectueux a suscité un vif débat au sein de la commission de l'environnement, de la santé et de la sécurité alimentaire au Parlement européen, le mardi 24 janvier. Les députés et des représentants de la Commission européenne ont estimé que les dispositifs médicaux, tels les implants mammaires en silicone, devaient être soumis à l'avenir à des contrôles plus stricts et faire l'objet d'une meilleure traçabilité.
La Commission a déclaré qu'elle était en train d'effectuer un « test de résistance » sur une proposition de mise à jour de la législation européenne relative aux dispositifs médicaux, qui doit être publiée en mars. L'objectif de ce test est de savoir si la nouvelle législation serait en mesure de combler les lacunes révélées par des rapports mentionnant que le fabricant des prothèses PIP a utilisé du silicone de qualité médiocre pour les implants.
La députée Linda McAvan s'est félicitée du sérieux et de la rapidité avec lesquels la Commission traite le problème, en soulignant la nécessité d'une coopération renforcée au sein de l'UE et sur la scène internationale. Peter Liese s'est prononcé en faveur de l'introduction de contrôles « surprises » sur place et d'une meilleure traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Christian Davies (ADLE, britannique) s'est dit inquiet quant à la possibilité pour les autorités nationales d'intervenir une fois qu'un label CE a été approuvé. La Commission lui a répondu que la France avait le droit de bloquer l'utilisation des implants, sur base d'un lien éventuel avec le cancer.
Michèle Rivasi a regretté que davantage de chirurgiens n'aient pas mentionné des cas de rupture d'implants et estimé que les agences nationales devaient réagir plus rapidement en cas de problème. Enfin, alors que la Commission a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention de proposer une autorisation préalable à la mise sur le marché pour les dispositifs médicaux, Dagmar Roth-Behrendt (S&D, allemand) a affirmé qu'il s'agirait d'une solution appropriée pour certains types de dispositifs. (IL)