Bruxelles, 05/12/2011 (Agence Europe) - L'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Autriche ou encore les Pays-Bas hésitaient toujours, lundi 5 décembre, dans la matinée, à donner à la Serbie le statut de candidat à l'UE, alors que le Conseil des Affaires générales devait se prononcer sur le sujet dans la journée.
À son arrivée au Conseil, le ministre des Affaires européennes allemand Werner Hoyer a souligné qu'il avait besoin de voir les détails de l'accord passé vendredi 2 décembre entre Belgrade et Pristina sur la gestion des points frontaliers - question cruciale pour l'avenir européen de la Serbie - avant de se décider sur la candidature du pays. « Nous avons besoin de tirer au clair ce sur quoi le Kosovo et la Serbie se sont mis d'accord ces derniers jours, ce n'est pas assez clair pour le moment, j'espère que cela sera plus clair aujourd'hui », a-t-il expliqué. Selon un diplomate européen, cité par l'AFP, Londres, Vienne et La Haye souhaiteraient aussi « davantage de preuves de la normalisation des relations de la Serbie avec le Kosovo ». À l'inverse, la France, la Finlande ou encore l'Espagne sont favorables au statut. La position de Madrid est « claire: nous soutenons la candidature de la Serbie », a rappelé le secrétaire d'État espagnol Diego Lopez Garrido avant le Conseil.
Selon l'accord du 2 décembre, Pristina et Belgrade « vont mettre progressivement en place des postes de contrôles communs, intégrés et uniques sur tous les points de passage (…) La gestion intégrée des frontières sera mise en œuvre dès que possible», précise un communiqué de l'Union européenne. La mission européenne EULEX supervisera cet accord, conformément à son mandat. « La police européenne (EULEX) est présente à tous les points de passage de la frontière, c'est sa mission. Mais maintenant les portes, au lieu de se trouver d'un seul côté de la ligne, vont être doublées, avec des hommes des deux pays », a déclaré le médiateur européen, Robert Cooper, à la chaîne Euronews. Lundi 5 décembre, le président serbe, Boris Tadic, a appelé les Serbes du Kosovo à accepter cet accord.
Lors de leur rencontre à Bruxelles les 1er et 2 décembre, les parties ont aussi eu des discussions « de fond » sur la question d'une coopération régionale « inclusive et efficace », sur laquelle « des bons progrès » ont été faits, sans qu'un accord ne soit signé. Elles ont également discuté des télécommunications et de l'énergie. (CG, avec JK)