Bruxelles, 30/11/2011 (Agence Europe) - Balayer devant sa porte est un moyen d'être crédible et d'entraîner ses partenaires. C'est dans cet esprit qu'au quatrième Forum de haut niveau de l'ONU sur l'efficacité de l'aide (29 novembre - 1er décembre, Busan, Corée du Sud) Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, a présenté les nouvelles propositions de l'UE pour rendre son aide publique au développement plus efficace, plus transparente et mieux coordonnée, et contribuer ainsi à l'obtention d'un nouveau partenariat global pour le développement menacé par les réticences chinoises. La veille, la Chine s'est en effet montrée hésitante à l'idée d'un tel partenariat, au grand dam des ONG de développement qui comptent sur l'UE pour prendre le leadership des négociations.
« Cette conférence se tient à un moment crucial - le temps manque pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d'ici à 2015. Un fort impact et la transparence de l'aide sont les priorités de l'UE. La garantie de la transparence et la programmation conjointe de l'aide sont nos initiatives clés qui sont ouvertes à nos partenaires », a déclaré le commissaire. La programmation conjointe de l'aide est l'exercice par lequel l'UE et ses États membres identifieront dans chaque pays bénéficiaire les domaines nécessitant le plus une aide, les secteurs dans lesquels les donateurs devraient travailler et combien d'aide devrait, en conséquence, être allouée. La garantie de transparence est l'engagement tout récent en vertu duquel les États membres de l'UE dévoileront publiquement toute l'information sur leurs programmes d'aide.
Echaudées par l'enlisement des négociations, les ONG européennes de développement que fédère CONCORD attendent de l'UE qu'elle accepte des réformes sur la transparence de l'aide, qu'elle pousse au « déliement de l'aide », ainsi qu'à des engagements assortis d'un calendrier et d'objectifs clairs pour réduire les niveaux de pauvreté. «La Chine hésite à s'engager sur un partenariat global. L'UE n'a-t-elle pas vu cela venir ? Nous sommes profondément déçus par le sommet. Les négociations stagnent parce que les jeux politiques entre les grandes puissances dominent les discussions. Pourtant, ce sommet vise à élaborer des politiques pour mettre un terme à la pauvreté dans le monde. Étant donné qu'en dépit de la crise, 84% des Européens ont exprimé leur soutien à l'aide au développement (Eurobaromètre, EUROPE n°10501), l'UE peut se prévaloir du soutien de ses citoyens pour pousser à des réformes ambitieuses », déclare Justin Kilcullen, président de CONCORD. (AN)