Bruxelles, 30/11/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Finances ont finalisé, mardi 30 novembre, les modalités d'optimisation du fonds européen de stabilité financière FESF, conformément aux décisions du sommet de l'Eurozone fin octobre (EUROPE n°10483). La création d'un effet de levier, qui multipliera la force de frappe du fonds de sauvetage actuellement limitée à 440 milliards d'euros mais sans faire appel à de nouvelles garanties financières nationales, sera possible à travers deux options: - utiliser le fonds comme un mécanisme permettant d'assurer entre 20% et 30% des obligations souveraines de pays en difficulté ; - créer des fonds de co-investissement adossés au FESF et sous l'égide du FMI afin d'attirer les investisseurs publics et privés de pays tiers. Selon le président de l'Eurogroupe M. Juncker, la première option sera prête en « décembre », la seconde en « janvier », les deux options pouvant être combinées.
Le Conseil européen a fixé l'objectif d'une puissance de feu du fonds portée à 1000 milliards d'euros. « Il n'est pas possible de donner un chiffre précis » à ce stade dans la mesure où il s'agit d'« un processus » qui dépend « des conditions de marché » au moment où l'effet de levier du fonds est utilisé, a déclaré le directeur exécutif du FESF Klaus Regling. Quelle que soit l'option mise en œuvre, l'État qui bénéficierait d'une aide financière sera soumis à des règles strictes de conditionnalité, a-t-il rappelé.
Les ministres envisagent d'autres options qui permettraient de renforcer la capacité d'intervention du FESF dans sa lutte contre la contagion de la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone. « Nous avons aussi marqué un accord pour explorer une augmentation des ressources du FMI à travers des prêts bilatéraux, suite au mandat reçu du sommet du G20 de Cannes, de façon à ce que le FMI puisse s'adapter de façon adéquate à la nouvelle puissance de feu du FESF et coopérer encore plus étroitement avec le fonds », a indiqué M. Juncker. Le commissaire chargé de l'euro Olli Rehn a soutenu une telle démarche.
Le Fonds de sauvetage sera bientôt en mesure d'intervenir sur les marchés de la dette à court terme. Les ministres ont également endossé les modalités permettant au fonds d'intervenir sur les marchés primaires et secondaires de la dette souveraine. (MB)