Bruxelles, 30/11/2011 (Agence Europe) - La commission des migrations de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) prépare un rapport sur la mort, en mars dernier, de 61 migrants fuyant la Libye et dont l'embarcation, tentant de rejoindre l'Italie, avait échoué, indique-t-elle dans un communiqué. Le journal The Guardian avait à l'époque affirmé que l'embarcation avait émis plusieurs signaux de détresse en direction de navires européens et de l'OTAN patrouillant à proximité et que ces appels de détresse avaient été ignorés. « Malgré les alertes des garde-côtes italiens et les contacts du bateau avec au moins un navire militaire de l'OTAC et un hélicoptère, aucun sauvetage n'a été tenté », avait écrit le quotidien, citant notamment le porte-avions français Charles-de-Gaulle. Des affirmations qui avaient été démenties par l'OTAN notamment. Mais la commission du Conseil de l'Europe veut enquêter.
« Les déclarations des survivants de cet incident sont cohérentes, mais nous devons continuer de réunir des données et des informations supplémentaires pour savoir exactement qui était présent dans la zone et à quel moment », a déclaré le rapporteur de l'APCE, Tineke Strik, appelant l'OTAN et l'UE à lui transmettre « des images par satellite et d'autres informations utiles ».
La commission des migrations a par ailleurs rappelé, au cours d'une conférence, que l'année 2011 avait été la plus meurtrière pour les boat people en Méditerranée, 1971 personnes originaires d'Afrique du Nord ayant péri alors qu'elles tentaient d'atteindre les côtes européennes et cela « alors que la mer Méditerranée n'a jamais été autant surveillée que cette année en raison de la guerre en Libye ». Dans son rapport, la commission veut par ailleurs s'interroger sur la notion de 'situation de détresse', poursuit-elle dans son communiqué. « La définition d'une 'situation de détresse' est-elle la même pour tous ? Sait-on quel cadre juridique est applicable et par qui ? Tous les navires, même les navires de guerre, doivent-ils mener des opérations de sauvetage même s'ils sont en dehors des zones établies de recherche et de sauvetage? », seront quelques unes des questions posées par Mme Strik. (SP)