Bruxelles, 30/11/2011 (Agence Europe) - Le Premier ministre et ministre des Finances italien, Mario Monti, a annoncé mercredi 30 novembre à ses pairs de la zone euro et du Conseil ECOFIN que l'Italie adoptera, le 5 décembre, notamment en vue du Conseil européen des 8 et 9 décembre, une série de mesures complémentaires à celles déjà présentées aux partenaires européens. Ces nouvelles mesures - que M. Monti n'a pas voulu quantifier, mais qui devraient atteindre un montant supérieur à 11 milliards d'euros - doivent permettre de compenser les effets de la croissance négative italienne sur l'effort entrepris par le pays pour respecter l'engagement de présenter un budget en équilibre en 2013. Elles ont été « bien accueillies » par les partenaires de l'Italie au sein du Conseil et contiendront, selon M. Monti, des « réformes structurelles » ayant des effets à court terme de réduction du déficit, pour être certain que, même si la situation économique devait empirer, l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2013 sera respecté. La « règle d'or » sera d'ailleurs inscrite dans la Constitution italienne, a confirmé M. Monti (les débats sont déjà en cours à la Chambre).
« Ce qui sera décidé ou non décidé [lors du prochain sommet] sera sanctionné par les marchés le 10 décembre », a déclaré M. Monti, voulant marquer l'importance décisive des décisions qui seront prises dans les prochains jours, « importantes pour le futur de l'Europe », a-t-il estimé, abondant ainsi dans le sens des déclarations du commissaire Olli Rehn, pour qui « nous entrons dans une période critique de dix jours pour parvenir à une réponse à la crise que connaît l'Union européenne ». À propos de cette réponse, le Premier ministre italien a insisté sur l'importance de renforcer les mécanismes pour assurer la bonne application de ce qui a déjà été décidé en matière d'assainissement des finances publiques, afin de montrer que ces règles sont crédibles et respectées. Il a confirmé que l'Italie accepte et est prête à affronter un mécanisme de sanctions automatiques en cas de non respect de ces règles, mécanisme qu'il a jugé « plus équitable » qu'un mécanisme de sanction appliqué de manière discrétionnaire.
Pour ce faire, l'Italie privilégie la méthode communautaire: elle compte agir « aux côtés de la France et de l'Allemagne », mais en maintenant un lien avec la Commission européenne et en liaison avec les États externes à la zone euro. Enfin, le Premier ministre a démenti une possible intervention du FMI en faveur de l'Italie: « Il n'en a pas été question », a-t-il indiqué. (FG)