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Bulletin Quotidien Europe N° 10489
CRISE DE LA ZONE EURO ET G20 / (ae) g20/fmi

L'optimisation du fonds européen de sauvetage passe par le FMI

Cannes, 04/11/2011 (Agence Europe) - Le Sommet du G20 a décidé, vendredi 4 novembre, d'augmenter les ressources du Fonds monétaire international. Même si cette initiative n'identifie aucun bénéficiaire potentiel, les Européens paraissent les premiers visés en raison de la persistance de la crise de la dette souveraine dans la zone euro. Car l'augmentation des ressources du FMI est aussi liée aux travaux en cours sur l'optimisation du fonds européen de sauvetage, le FESF (Fonds européen de stabilité financière).

« Le G20 est prêt à accorder des ressources additionnelles au FMI et à les mettre en œuvre rapidement si nécessaire », s'est félicité le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, vendredi 4 novembre à l'issue du sommet. Dans leur communiqué final, les grandes puissances s'engagent à faire en sorte que le FMI continue à bénéficier des ressources nécessaires pour « jouer son rôle systémique ». « Nous nous tenons prêtes à garantir que des ressources substantielles pourront être mobilisées en temps voulu », ajoutent-elles. M. Van Rompuy a évoqué trois options pour accroître les moyens du FMI: l'octroi de « contributions bilatérales », le recours aux « droits de tirage spéciaux » - le panier de monnaie du Fonds - ainsi que « des contributions volontaires à une entité spécifique créée au sein du FMI ». « Un certain nombre de pays ont d'ailleurs exprimé, lors des discussions, leur disponibilité à contribuer à cette augmentation », a-t-il ajouté. Le 'G20 Finances' fera des propositions concrètes d'ici février 2012, sous présidence mexicaine.

L'augmentation des ressources du FMI est-elle liée aux travaux en cours en Europe afin d'optimiser la puissance de feu du fonds européen de sauvetage ? Cette décision d'augmenter les ressources concerne « les membres du FMI en général », a considéré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en notant que le communiqué final du sommet ne faisait « aucune référence » à l'Eurozone. Selon lui, un FMI mieux doté permettra « d'agir contre les crises quel que soit l'endroit où elles se produisent, de façon coordonnée et exhaustive ». Le président français Nicolas Sarkozy a néanmoins établi un lien plus direct entre les deux démarches. Nous devons « réfléchir aux modalités d'une collaboration entre le FMI et les pays européens pour élargir la capacité d'intervention du FESF », a-t-il considéré. Et la directrice générale du FMI Christine Lagarde de préciser: « Le FMI prête à des États et non à des entités juridiques, il ne prêtera pas au fonds de stabilisation ».

Dans son communiqué, le G20 soutient la démarche du Fonds visant à renforcer les outils de protection financière à travers la création d'un nouvel instrument ('precautionary and liquidity line') qui fournira, de façon accrue et plus flexible, des liquidités à court terme à des pays en bonne santé mais faisant face à des chocs économiques ou financiers extérieurs. Mme Lagarde a aussi estimé qu'à l'heure actuelle, le FMI dispose des ressources nécessaires pour répondre aux demandes d'assistance financière.

Fin octobre, les dix-sept pays de l'Eurozone ont décidé d'optimiser la puissance de feu du FESF à travers la création d'un effet de levier qui permettrait de multiplier, par 4 ou 5, la capacité d'emprunt du fonds (EUROPE n° 10483). Combinables, deux options sont privilégiées: - permettre aux acteurs privés investissant dans les titres souverains de pays en difficulté de souscrire une assurance auprès du fonds européen contre le risque inhérent à ces obligations ; - optimiser les mécanismes de financement du FESF en combinant les ressources d'investisseurs publics et privés par le biais de la création de véhicules d'investissement spéciaux.

« Ces deux options demeurent sur la table et seront élaborées », a déclaré un négociateur européen, qui fait état de la nécessité de poursuivre les travaux juridiques et de procéder à des tests de marché avant le lancement de ces options. À Cannes, la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, a indiqué que les travaux s'intensifieraient d'ici à la réunion de l'Eurogroupe, lundi 7 novembre. Objectif: aboutir sur l'optimisation du FESF d'ici fin novembre, les Européens s'imposant à eux-mêmes la date limite du 4 décembre, qui correspond à la date de l'hypothétique référendum grec. « Le fait que le référendum n'aura pas lieu, ne signifie pas que nous ralentirons le rythme », confiait vendredi matin cet expert européen. (MB)

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