Bruxelles, 04/11/2011 (Agence Europe) - Le gouvernement fédéral du Canada et les autorités de la province d'Alberta se liguent pour s'opposer aux efforts de l'UE visant à restreindre, dans un souci climatique, l'entrée sur le marché européen des sables bitumineux, dont l'Alberta est le principal producteur mondial.
La province d'Alberta travaille en étroite collaboration avec le gouvernement canadien pour contrer l'initiative de l'UE visant à discriminer les sables bitumineux pour des raisons environnementales, a expliqué le ministre en charge de l'énergie pour la province d'Alberta, Ted Morton, en marge d'un Congrès sur l'énergie propre, mercredi 1er novembre à Calgary. « Le projet de directive de l'UE sera basé sur une compréhension et des connaissances inexactes de la production de pétrole issue de sables bitumineux et nous allons remettre les pendules à l'heure. J'ai parlé avec le ministre (fédéral canadien) des Ressources naturelles Joe Oliver, nous avons décidé de collaborer pour nous y opposer », a insisté le responsable provincial, cité par l'agence Platts, avant de souligner que les compagnies pétrolières de l'Alberta ont fait des efforts depuis les années 1990 pour réduire de 30% les émissions de CO2 engendrées par la production de pétrole brut issu des sables bitumineux.
Le Canada et sa province de l'Alberta ont dans le collimateur la proposition de directive révisée de l'UE sur la qualité des carburants qui prévoit, pour réduire l'impact environnemental des combustibles fossiles non conventionnels, de réévaluer à la hausse leurs émissions de gaz à effet de serre (EUROPE n° 10467). Sont en particulier ciblés les sables bitumineux et huiles de schiste, qui prêtent à la controverse en Europe. Ce texte vise surtout les importateurs européens de pétrole issu de sables bitumineux ou de schistes et les producteurs européens de cette variété de pétrole. Les deux principaux producteurs de pétrole tirés des sables bitumineux dans le monde, le Canada (la province de l'Alberta) et le Venezuela, exportent très peu de pétrole vers l'UE: l'équivalent de 0,01% des importations, mais la production au Canada est appelée à tripler d'ici à 2020.
Dans un courrier du 23 Octobre adressé au commissaire européen à l'Énergie Günther Oettinger, son homologue canadien Joe Oliver dénonce l'absence de preuves scientifiques crédibles qui différencient les sables bitumineux d'autres combustibles fossiles importés dans l'UE en termes d'émissions de gaz à effet de serre relatives à leur production. Le projet de directive révisée sur la qualité des carburants doit être examiné en décembre par les États membres de l'UE. D'ici là, le Canada et la province d'Alberta vont faire un lobbying intense auprès des Européens pour inverser la tendance. (EH)