Cannes, 04/11/2011 (Agence Europe) - Malgré l'instabilité politique en Grèce qui a perturbé ses travaux, le Sommet du G20 exprime son soutien à la réponse globale des pays de la zone euro à la crise de la dette qui les mobilise depuis mai 2010. Les Européens sont apparus soulagés, vendredi 4 novembre, de l'abandon probable du référendum annoncé en début de semaine par le Premier ministre grec Georges Papandréou, quelques heures avant un vote de confiance du parlement national à l'issue très incertaine.
Dans leur communiqué final, les principales puissances de la planète saluent l'accord ficelé fin octobre par l'Eurozone (EUROPE n° 10483). « Nous accueillons favorablement les décisions des leaders européens du 26 octobre visant à restaurer la soutenabilité de la dette grecque, à renforcer les banques européennes, à construire des pare-feux afin d'éviter la contagion et à jeter les bases d'une gouvernance économique robuste dans la zone euro », déclarent-elles, en pressant les Européens de mettre en œuvre rapidement ces décisions. Et de soutenir les mesures visant directement l'Italie (voir autre nouvelle).
« Nous sommes venus à Cannes pour discuter avec nos amis européens de la façon dont ils souhaitent bâtir sur l'accord marqué la semaine dernière pour résoudre la crise. Les événements en Grèce soulignent l'importance d'appliquer le programme aussi vite que possible », a déclaré le président américain Barack Obama, en reconnaissant que l'annonce du référendum en Grèce avait rendu « beaucoup de personnes nerveuses » ces derniers jours. Il a exprimé sa « confiance dans la capacité de l'Europe à relever ce défi ». Selon le président américain, les Européens doivent exprimer avec vigueur leur détermination à défendre leur monnaie unique, les outils en cours d'élaboration à travers le FMI pour optimiser le fonds européen de sauvetage arrivant en complément. Toujours est-il, « la communauté internationale se tient prête à aider », a considéré M. Obama. Craignant le risque de contagion de la crise de l'Europe à l'ensemble de l'économie mondiale, les États-Unis pressent les Européens d'augmenter la force de frappe du fonds de sauvetage. Nous leur apportons « des idées » sur la façon d'y arriver, a indiqué le président américain.
« Nous sommes heureux du changement d'attitude complet de la situation politique en Grèce », a considéré Nicolas Sarkozy. Après avoir annoncé la tenue d'un référendum sur la place de la Grèce dans la zone euro, M. Papandréou a indiqué qu'une consultation populaire n'était pas une fin en soi si le principal parti d'opposition 'Nouvelle Démocratie' soutient l'accord européen de fin octobre (EUROPE n°10488). Ce que son leader Antonis Samaras a finalement accepté hier, à condition que M. Papandréou s'en aille et qu'un gouvernement de coalition voie le jour. Le ministre des Finances grec Evángelos Venizélos aurait indiqué l'abandon du référendum au vice-président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et au commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.
M. Sarkozy a réfuté l'affirmation selon laquelle la France et l'Allemagne œuvraient pour faire tomber les gouvernements de pays en difficulté, en référence à la Grèce et à l'Italie. « Il y a des règles. Si on s'exonère de ces règles, on sort soi-même de l'Europe », a-t-il souligné. Ce qui est « choquant », selon le président français, ce n'est pas le principe même d'un référendum mais que les partenaires de la Grèce n'aient pas été prévenus. Pourquoi organiser une consultation populaire maintenant et pas lors du premier sauvetage, s'est-il interrogé. (MB)