Bruxelles, 04/11/2011 (Agence Europe) - Les aléas autour du référendum en Grèce n'ont pas empêché les chefs d'État et de gouvernement réunis à Cannes pour le Sommet du G20 d'adopter des conclusions, vendredi 4 novembre, qui tendent à renforcer la dimension sociale de la mondialisation en appuyant l'idée que la recherche de la croissance n'est pas contradictoire avec un haut niveau de protection sociale.
« Nous sommes fermement convaincus que l'emploi et l'intégration sociale doivent être au cœur de nos actions et de nos politiques afin de restaurer la croissance et la confiance », peut-on lire dans les conclusions du Sommet du G20.
Certes, les chefs d'État et de gouvernement du groupe des 20 pays industrialisés et émergents ont souligné que les systèmes de protection sociale doivent être « adaptés à chaque situation nationale », ce qui laisse une grande marge de manœuvre ; néanmoins l'importance de l'investissement dans les couvertures sociales, non seulement comme fondement du principe de solidarité, mais aussi comme un levier potentiel pour relancer la croissance a été unanimement reconnue. Les mesures d'austérité pour pallier notamment à la faible croissance économique et l'instabilité des marchés financiers ne devraient donc pas en principe être dirigées contre la protection sociale. Et ceci afin d'éviter que la crise ne touche davantage les personnes déjà fragilisées et ne résulte en même temps en une baisse de la consommation.
Cela a fait dire au président français Nicolas Sarkozy, à l'issue de la dernière journée du Sommet, que « c'est une grande nouveauté, le plan d'action pour la croissance prend pleinement en compte la dimension sociale de la mondialisation ». Il a ajouté que c'est la première fois que les pays du G20, et notamment les pays émergents, indiquent leur volonté de mettre en place des socles de sécurité sociale en admettant que ces derniers sont « favorables à la croissance ».
C'est précisément la revendication qui avait été faite la veille par les représentants des organisations patronales et des syndicats, réunis parallèlement au Sommet du G20, respectivement dans les forums B20 et L20. En présentant, pour la première fois dans le cadre d'un Sommet du G20, une déclaration commune, les représentants du patronat et des travailleurs ont soutenu ensemble que la plus grande menace qui pèse sur l'économie mondiale, et particulièrement celle de l'UE, est la perte de confiance et de l'espoir qui touchent tant les employeurs que les travailleurs et qu'il est aujourd'hui nécessaire de développer « une vision commune » afin de « répondre aux différents aspects des défis soulevés par la situation de l'emploi ».
Le lien entre la création d'un environnement propice aux investissements et « le renforcement des systèmes de protection sociale » a été fortement souligné dans cette déclaration conjointe. Une autre proposition qui y figurait et qui a été aussi retenue dans les conclusions du Sommet à Cannes, est celle de la mise en place d'un groupe de travail du G20 qui se penchera sur le problème de l'emploi des jeunes.
De même, l'Organisation internationale du travail (OIT) a été désignée comme étant l'instrument essentiel pour garantir les principes et les droits fondamentaux au travail. (JK)