Bruxelles, 02/11/2011 (Agence Europe) - Les deux sujets clés du Sommet du G20, jeudi 3 et vendredi 4 novembre à Cannes, à savoir la réponse européenne à la crise de la dette souveraine et les mesures à mettre en place pour combattre le ralentissement de l'économie mondiale, ne devraient pas occulter le fait que c'est le chômage et la précarité de nombreux travailleurs qui constituent les questions les plus urgentes à régler, a appelé Juan Somavia, directeur général du Bureau international du travail (BIT), mercredi 2 novembre.
Un message similaire a été délivré par Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), mercredi 2 novembre, à l'occasion d'une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy, hôte du prochain Sommet du G20, dont une des séances de travail sera dédiée au « Plan d'Action pour la croissance et les emplois », jeudi 3 novembre. M. Ségol a notamment demandé la fin de la vague de « l'austérité synchronisée » dans l'UE qui est loin d'être l'approche la plus adéquate pour favoriser la croissance et la création d'emplois. Les représentants des syndicats des pays du G20 auront l'occasion de débattre des risques encourus par les travailleurs à l'occasion d'un sommet parallèle, le L20.
De son côté, le directeur général du BIT a prévenu que « si nous ignorons cette aspiration généralisée à avoir une chance équitable pour un travail décent, les conséquences sociales et politiques pourraient être catastrophiques ».
Sans remettre en cause la nécessité de s'attaquer à la crise de la dette souveraine, particulièrement dans la zone euro, afin de stabiliser les marchés financiers, M. Somavia a néanmoins appelé le G20 à adopter « quatre mesures concrètes » qui, tout en favorisant la reprise de la croissance économique, permettraient d'améliorer la situation sur le marché de travail, notamment au sein de l'UE: (1) - accroître les investissements publics dans les infrastructures de 3 à 4% pour maintenir un niveau de 8-10% du PIB par an dans les cinq prochaines années ; (2) - garantir un financement stable aux PME ; (3) - mettre en place des politiques pour favoriser l'emploi des jeunes ; (4) - construire une protection sociale universelle, surtout dans les États où une telle couverture n'existe pas.
Ces mesures concrètes, au-delà de leurs seuls objectifs économiques, visent également à redonner confiance dans un système qui semble se préoccuper davantage du monde de la finance que de l'économie réelle, a souligné le directeur général Somavia, tout en ajoutant que « la perception que certaines banques sont trop grosses pour faire faillite et que certaines personnes sont trop petites pour compter et que les intérêts financiers outrepassent la cohésion sociale sape la confiance des gens dans la possibilité d'avoir une chance équitable d'avoir un travail décent ».
Ainsi, la seule perception des réponses qui vont être adoptées au Sommet du G20 à Cannes - tente-t-on de satisfaire les marchés financiers ou de créer une croissance fondée sur l'emploi - pourrait avoir des conséquences immédiates sur l'économie mondiale. (JK)