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Bulletin Quotidien Europe N° 10485
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/banques

Recapitalisation bancaire, trois pistes privilégiées

Bruxelles, 28/10/2011 (Agence Europe) - Le Président de la Fédération bancaire européenne (FBE) Chistian Clausen a évoqué, vendredi 28 octobre, trois pistes qui permettront aux établissements de crédit européens de porter leur noyau de fonds propres au niveau exigé par le sommet de l'Eurozone: la rétention des bénéfices, la transformation de capital de qualité moindre en capital de la plus haute qualité, le désendettement en cédant certains actifs coûteux en capital (EUROPE n°10483). Sur le volet 'rétention des profits', il a indiqué que les profits cumulés du secteur bancaire européen s'étaient élevés à « 120 milliards d'euros » en 2010, les chiffres 2011 devant être à peu près similaires. Si ces sources privées de capital étaient insuffisantes, les banques feront appel au marché et certaines pourraient même requérir un soutien public, a concédé M. Clausen. Le directeur du groupe bancaire nordique Nordea a néanmoins assuré qu'« une partie substantielle (de la recapitalisation) serait effectuée par les banques elles-mêmes » sans souhaiter entrer dans des détails chiffrés.

Jeudi dernier, les leaders de la zone euro ont confirmé l'accord de leurs ministres des Finances sur la recapitalisation bancaire, rendue nécessaire après une forte dégradation cet été des marchés de la dette souveraine, à laquelle les banques sont exposées. Les 70 établissements d'importance systémique devront ainsi porter à 9%, d'ici à fin juin 2012, leur ratio de fonds propres de première qualité après prise en compte, à la valeur de marché à la date du 30 septembre 2011, de leur exposition aux dettes souveraines de la zone euro. D'après les Dix-sept, cet effort accéléré et accru de recapitalisation devrait s'accompagner de restrictions en matière de paiement de dividendes et de bonus.

Selon des chiffres publiés par l'Autorité européenne de supervision bancaire (ABE), les banques grecques, espagnoles et italiennes devront respectivement renforcer leurs fonds propres à hauteur de 30, 26 et 15 milliards d'euros. Les françaises BNP Paribas et la Société générale et l'Allemande Commerzbank ont indiqué, par exemple, qu'elles trouveraient des capitaux par leurs propres moyens. Même chose pour les banques espagnoles, selon la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. Les banques concernées ont jusqu'à fin 2011 pour communiquer à leur superviseur national un plan crédible.

En marge du sommet, le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski avait souligné la nature temporaire du processus de recapitalisation, à travers la création d'un 'coussin' de fonds propres. Comment cet effort s'articulera-t-il avec les autres 'coussins' de capital prévus dans le paquet législatif 'CRD IV' qui introduit l'accord international 'Bâle III' du Comité de Bâle sur l'augmentation de la quantité et de la qualité des fonds propres (EUROPE n°10424 et n°10420) ? M. Clausen a indiqué que les deux processus étaient séparés, la recapitalisation bancaire, décidée au sommet de l'Eurozone revêtant un caractère exceptionnel né des circonstances exceptionnelles. Selon lui, l'effort de recapitalisation induit par l'initiative 'CRD IV', que la Commission européenne évalue à 430 milliards d'euros d'ici 2019 pour plus de 8000 banques européennes, sera « bien plus » conséquent.

Liquidité. Outre l'obligation de recapitalisation, les Dix-sept ont décidé d'octroyer des garanties publiques nationales au secteur bancaire afin qu'il soit en mesure de se refinancer à moyen terme et de continuer à financer l'économie réelle. Les craintes des investisseurs internationaux quant à l'exposition des banques aux dettes souveraines pèsent sur la capacité des banques européennes à se refinancer sur les marchés interbancaires. Plusieurs banques centrales dont la BCE sont intervenues, mi-septembre, pour faciliter le refinancement en dollars. « Il est clair qu'il y a un besoin: les banques ont des difficultés », a reconnu M. Clausen, pour qui les régimes de garantie permettront de « réduire la pression » sur les banques.

L'EBA reconnaît dans un communiqué que le secteur bancaire européen aura des difficultés à se refinancer en 2012 car « les marchés de refinancement à terme sont actuellement fermés à cause des inquiétudes croissantes sur la situation des pays » de la zone euro. Les banques auront accès aux systèmes nationaux de garantie en payant « un forfait » aux autorités nationales qui sera fonction du profil de risque. Et l'EBA de rappeler que des systèmes équivalents, mis en place lors de la crise financière de 2008, ont permis aux États de réaliser des profits. La Commission devra s'assurer qu'une « approche coordonnée » est suivie au niveau européen en termes d'éligibilité, de prix et de conditions. (MB)

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