Bruxelles, 27/10/2011 (Agence Europe) - Les États ayant vocation à adopter la monnaie unique devraient pouvoir participer aux réunions de l'Eurogroupe. C'est la proposition qui émane de la présidence polonaise, annoncée à la fin du Conseil européen, mercredi 26 octobre. L'objectif est clair: éviter que le renforcement de la gouvernance économique dans la zone euro se face au détriment de l'intégration des 27.
Au sujet de la double casquette de Herman Van Rompuy, qui est à la fois président du Conseil européen et de l'Eurozone, le Premier ministre Tusk avait réitéré, dimanche 23 octobre, qu'il s'agissait tout au plus d'une situation temporaire. Une position cette fois renforcée par l'annonce que la Présidence polonaise « présentera certaines propositions qui concerneront la structure de la gouvernance économique, pour répondre au problème qui apparaîtra quant à la coordination des travaux des 27 et de l'Eurogroupe ». Ce seront « des solutions pratiques qui vont véritablement permettre de concilier ces deux intérêts européens et importants, que sont l'intégration au sein de l'Eurogroupe et la sauvegarde de l'intégration de l'ensemble des 27 », a précisé M. Tusk.
Pas tout à fait nouvelle, la proposition relative à la participation aux réunions de l'Eurogroupe des États non membres de la zone euro n'a pas suscité de réactions particulières. C'est encore le couple franco-allemand qui a attiré toute l'attention, malgré les efforts de la Pologne qui, en rappelant sa volonté d'adopter la monnaie unique sans préciser de calendrier, n'a pas réussi, lors du Conseil européen de mercredi soir qui a précédé le Sommet de l'eurozone, à faire avancer les débats sur les aspects « importants, mais techniques » du sauvetage de la Grèce ou de l'avancée sur la gouvernance économique, de l'aveu même de M. Tusk.
Plus que le spectre d'une « Europe à deux vitesses », c'est l'inefficacité supposée de l'Eurogroupe qui avait fait réagir de son coté le Premier ministre britannique David Cameron, à la suite du Conseil de dimanche 23 octobre. « La crise de la zone euro affecte toutes nos économies, y compris celle de la Grande-Bretagne », avait-il déclaré, en soulignant ainsi que la prolongation de la crise menace tout autant les intérêts britanniques. Malgré ce sentiment d'exaspération des dix États non membres de la zone euro, la tenue du Conseil européen, mercredi 26 octobre, n'a pas permis de jeter les bases d'un accord politique sur une coordination des travaux à Vingt-sept et à Dix-sept, nonobstant les assurances du Premier ministre polonais qui s'est dit « satisfait » que son message ait été bien reçu. « Toutes les actions qui visent à renforcer l'intégration de l'Eurogroupe vont être des actions qui n'affaiblissent pas l'unité de l'intégration de l'UE comme une seule entité », a-t-il répété. (JK/MB)