Bruxelles, 26/10/2011 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel est arrivée à la 2ème série de sommets européens, mercredi 26 octobre, avec un mandat strict que lui a donné la chambre basse, le Bundestag (EUROPE n° 10482). L'optimisation du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF, ne prévoira pas l'implication de la Banque centrale européenne et les investisseurs privés devront accepter une décote substantielle des obligations grecques qu'ils détiennent, afin de contribuer au 2ème sauvetage d'Athènes.
Mme Merkel a prôné l'émergence d'une « culture de la stabilité » au sein de l'Union économique et monétaire qui passera par des sacrifices de la part des pays de l'Eurozone fragilisés et le renforcement de la surveillance budgétaire, quitte à réformer le traité européen. « Il faut réparer les imperfections de l'euro, maintenant ou jamais ! », a-t-elle lancé. Selon elle, les pays enfreignant le Pacte de stabilité et de croissance devront faire l'objet de sanctions renforcées, avec la possibilité de poursuites devant la Cour de justice de l'UE. Et de réitérer la proposition franco-allemande que les Dix-sept adoptent une 'règle d'or' limitant constitutionnellement leur niveau d'endettement.
Une écrasante majorité (503 votes pour sur 596) de députés allemands sont favorables à une optimisation du fonds européen de sauvetage sans toutefois toucher aux garanties nationales déjà apportées. L'EFSF pourra servir de mécanisme de garantie sur une partie des titres de dette de pays en difficulté. Il pourra participer à des structures internationales d'investissement, constituées éventuellement sous l'égide du Fonds monétaire international, afin d'attirer des capitaux publics et privés issus de pays tiers. Ces options, encore à finaliser, permettraient la création d'un effet de levier multipliant la capacité effective d'emprunt du fonds, aujourd'hui fixée à 440 milliards d'euros. Une mesure nécessaire pour éviter la contagion de la crise de la dette souveraine à d'autres pays de l'Eurozone, comme l'Espagne ou l'Italie.
Selon le Bundestag, l'EFSF ne doit pas avoir accès aux liquidités illimitées de la BCE. L'Allemagne refuse une monétisation de la dette publique et l'octroi à l'Institut de Francfort de compétences dépassant le cadre de la lutte contre l'inflation. La France, mais aussi l'Italie, soutiennent cette idée. « L'euro est la seule monnaie qui ne repose pas, comme le dollar, la livre sterling ou le yen, sur un prêteur de dernier ressort disposé à défendre de manière structurelle sa crédibilité face à l'agressivité des marchés financiers. Cette situation doit être corrigée une fois pour toutes, faute de quoi la crise deviendrait une crise commune à toutes les économies européennes », avait en effet déclaré lundi soir le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi.
Les députés allemands demandent que la BCE stoppe ses achats d'obligations souveraines qui ont atteint 170 milliards d'euros depuis mai 2010. Le président de la Banca d'Italia, Mario Draghi, qui accèdera la semaine prochaine à la tête de la BCE, a néanmoins indiqué, mercredi, que la Banque était « déterminée à utiliser des moyens non conventionnels pour empêcher les dysfonctionnements sur les marchés bloquant la bonne transmission de la politique monétaire ». (MB)