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Bulletin Quotidien Europe N° 10420
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Économie

Plaidoyer en faveur d'une « vision claire pour l'euro »

Bruxelles, 15/07/2011 (Agence Europe) - 'Une vision claire pour l'euro afin qu'il sorte renforcé de cette crise': telle est l'intitulé de la tribune publiée samedi 16 juillet dans le quotidien français Le Monde signée par Jacques Delors (ancien président de la Commission européenne), Felipe Gonzalez (ancien président du gouvernement espagnol), Romano Prodi (ancien président de la Commission et ancien président du conseil italien), Étienne Davignon (ancien vice-président de la Commission) et Antonio Vitorino (ancien commissaire européen).

« Depuis quelques jours, les perspectives d'un règlement durable de la situation financière de la Grèce paraissent s'évanouir, les dettes des États portugais, italien, espagnol font l'objet d'attaques de plus en plus violentes des marchés, les négociateurs publics et privés qui tentent de trouver une solution n'y parviennent pas », écrivent ces personnalités.

Selon eux, les raisons de cette impuissance se résument à une seule: « L'absence d'une vision claire des enjeux portée par des hommes politiques engageant leur crédit pour permettre de dépasser les difficultés immédiates ».

« L'euro doit survivre à cette crise et lui survivra. Il en sortira même renforcé », selon cette tribune. Selon ces hommes politiques, il faut aussi faire en sorte que les États garantissent les dépôts des particuliers. Mais « les institutions financières ont pris des risques » et « doivent porter la part du fardeau (...) sans menacer la stabilité du système », estiment-ils.

« Tout ce qui peut être fait pour éviter un défaut de la dette grecque doit l'être », jugent-ils, appelant les États et les institutions financières « à des solutions qui permettent d'alléger le fardeau des citoyens des pays qui ont émis la dette ». Ils prônent notamment la mise en place de mécanismes allant dans ce sens, « comme les rachats, sur fonds communautaires ou internationaux, d'une partie des dettes souveraines les plus décotées, pour les annuler, et faire bénéficier le pays concerné de cette perte de valeur ».

Avoir une vision claire suppose aussi, selon eux, de mettre en place durablement une régulation à l'échelle européenne (« la crise aura permis que se mette en place une première étape de régulation réellement européenne des banques et des marchés financiers. Il faut lui donner les moyens de réussir dans la durée, et de contribuer à une meilleure régulation mondiale de la finance », selon les auteurs).

Par ailleurs, « la réduction des déficits devra avoir lieu. Mais elle doit être maîtrisée, avec un horizon de temps réaliste », affirment les signataires du texte. Si les principaux responsables politiques de l'Union européenne, la Commission et le Fonds monétaire international (FMI) adoptent « ces principes simples », « des solutions pourront être trouvées », estiment-ils. (L.C.)

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