Bruxelles, 15/07/2011 (Agence Europe) - En plus du débat public sur la réforme de la politique commune de la pêche (PCP), les ministres européens de l'Agriculture, qui se retrouvent mardi 19 juillet à Bruxelles, discuteront du Livre vert sur les mesures de promotion des produits agricoles et des conclusions du groupe de réflexion sur le secteur bovin. En session publique, la présidence polonaise présentera son programme de travail pour les six prochains mois dans le domaine de l'agriculture et de la pêche. Au déjeuner, les ministres discuteront de l'utilisation énergétique de la biomasse provenant de l'agriculture en tant qu'élément important de la politique agricole commune.
Marek Sawicki, le ministre polonais de l'Agriculture et du Développement rural, présentera les priorités de la présidence polonaise, dont: - le débat sur les propositions de réforme de la politique agricole commune (PAC) après 2013 (qui seront présentées en octobre 2011). Une attention particulière sera portée aux soutiens aux investissements consacrés au développement des énergies renouvelables dans les zones rurales ; - la rationalisation de la PAC ; - les discussions consacrées au paquet lait et au paquet qualité des produits agricoles ; - l'alignement des textes de la PAC sur le Traité de Lisbonne.
Les priorités de la politique dans le domaine de la pêche porteront principalement sur: - les propositions de la Commission sur la réforme de la politique commune de la pêche ; - les décisions concernant les quotas de pêche 2012.
En ce qui concerne les dossiers vétérinaires et phytosanitaires, la présidence prévoit de travailler sur: - la proposition visant à introduire l'identification électronique des bovins ; - la nouvelle stratégie UE pour la santé des plantes.
Réforme de la PCP. Le Conseil procédera à un échange de vues sur les propositions de la Commission concernant la réforme de la PCP. Le Royaume-Uni a réservé un accueil assez positif aux propositions de Maria Damanaki. Londres s'est dit « prêt » à travailler en vue d'une « réforme radicale dont ont besoin l'environnement et nos pêcheurs ». La ministre espagnole Rosa Aguilar s'est montrée préoccupée par le contenu des propositions, notamment sur la fin brutale de la pratique des rejets (qui pose problème aux professionnels) et sur le respect en 2015 de la gestion des stocks de poissons selon le principe du rendement maximal durable (RMD) (l'Espagne préconise, comme de nombreux autres pays, la date de 2020). L'Espagne, comme la France, s'inquiète des conséquences socioéconomiques de la réforme. La France (et d'autres pays comme l'Irlande et l'Allemagne) dira tout le mal qu'elle pense de l'idée des concessions (quotas) de pêche transférables.
Promotion des produits agricoles. La Commission présentera au Conseil le Livre vert sur la promotion des produits agricoles et l'information à leur sujet, intitulé 'Une stratégie à forte valeur ajoutée européenne pour promouvoir les saveurs de l'Europe'. Ce sujet sera débattu en public et retransmis par vidéo. La promotion des produits agricoles devrait être le thème du Conseil informel Agriculture qui se tiendra en septembre à Wroclaw.
Groupe de réflexion sur le secteur bovin. En 'point divers', la Commission communiquera aux ministres des informations sur les conclusions du groupe de réflexion sur le secteur bovin. Au cours de la session extraordinaire du Conseil Agriculture tenue le 7 juin 2011, les ministres ont été informés par la France, soutenue par la Belgique, des conséquences néfastes de la sécheresse pour le secteur bovin. À cette occasion, la Commission avait indiqué aux délégations qu'un groupe de réflexion sur le secteur bovin avait été créé pour examiner comment améliorer les instruments de marché existants dans les secteurs du bœuf et du veau et émettre des recommandations concrètes.
Réduction des contraintes réglementaires imposées aux entreprises agricoles. Le Royaume-Uni présentera aux ministres un rapport indépendant sur la manière de réduire les contraintes réglementaires imposées aux agriculteurs sans abaisser les normes, l'objectif étant d'accroître la compétitivité de l'agriculture et de l'industrie alimentaire. Certaines propositions des experts exigeraient des modifications de la législation nationale du Royaume-Uni, tandis que d'autres nécessiteraient des modifications de la législation de l'UE.
Bactérie E. coli. À la demande de la délégation belge, les ministres débattront des suites du Conseil extraordinaire du 7 juin dernier consacré à l'épidémie due à la bactérie Escherichia coli. La source de l'épidémie due à la bactérie Escherichia coli a finalement été identifiée par les autorités allemandes (germes de soja provenant d'une exploitation située dans le nord du pays). L'alerte sur d'autres légumes frais a été levée. La Commission a augmenté le budget pour la promotion de ces produits. Elle a débloqué une aide de 210 millions d'euros pour indemniser partiellement les producteurs de concombres, de tomates, de laitues, de courgettes et de poivrons dans l'UE. La Commission compte étudier, dans les prochains jours, les demandes d'indemnisation émanant des États membres et disposer d'un premier aperçu de la situation dans son ensemble à la fin de juillet 2011. En outre, elle a noté que les prix des légumes remontent en partie par rapport aux bas niveaux atteints au cours de la crise. (L.C.)