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Bulletin Quotidien Europe N° 10420
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/Égypte

Barroso au Caire pour rassurer et se rassurer

Bruxelles, 15/07/2011 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso est arrivé jeudi au Caire pour une visite de dialogue et d'information en Égypte au cours de laquelle il est censé rencontrer les nouvelles autorités du pays, des représentants de la société civile et des personnalités religieuses: le Mufti de la République, Dr Aly Gomaa et le Pape copte Shenouda. Il est accompagné de Philippe Maystadt, président de la BEI.

Outre l'intention d'émettre un message de « forte solidarité », le président de la Commission et les hautes personnalités qui l'accompagnent expriment une forte envie de comprendre, pour mieux aider au redressement de son économie, une Égypte qui ne donne pas l'impression de trouver son équilibre. La contestation dans la rue demeure vive. « Nous sommes des partenaires dans la liberté et notre partenariat pour la démocratie et la prosperité est une réponse concrète aux aspirations du 'printemps arabe' ». Ce besoin de convaincre des bonnes intentions et de la solidarité européennes résulte de la difficulté que semble éprouver l'UE à donner des gages concrets à l'Égypte. Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, qui signait mardi un accord de prêt avec la Tunisie a souligné, par contraste, la réaction égyptienne. Alors que la Tunisie a déjà présenté des projets concrets (deux retenus et financés et deux encore sous examen), Le Caire tarde et ne répond pas concrètement aux sollicitations européennes et ne semble pas attiré par l'offre. Elle indiquerait sa préférence pour des appuis budgétaires (non remboursables) plutôt qu'à une offre de prêts comme envisagé dans les suites du « partenariat de Deauville » (G8).

« Je suis venu pour comprendre votre lutte pour préserver les idéaux de la Révolution », a dit M. Barroso lors d'un discours au Caire dès son arrivée. « En voisin, je vous offre ma confiance dans le peuple et l'avenir de l'Égypte et en tant que président de la Commission européenne, je viens ici aujourd'hui pour avoir une meilleure idée de vos attentes. L'Europe n'entend pas s'ingérer dans vos affaires », a-t-il assuré. « Dans le passé, il y a eu tendance à préférer la stabilité à la démocratie » mais on sait maintenant que « la stabilité passe par la démocratie ».

Après un long développement sur la conception de l'Europe des principes de la démocratie et de la paix, le président a abordé le chapitre de l'aide tablant sur des instruments nouveaux, notamment le programme de la Commission intitulé «Spring » (printemps) qui sera lancé en septembre avec un montant initial de 350 millions d'euros de subventions. L'accent y sera mis sur l'appui à la démocratisation et la croissance économique. La Commission compte en faire un outil de soutien à la transition. Et « il est dans notre intention d'étendre ce montant à 500 millions d'euros pour la période 2011-2013 », a-t-il ajouté. L'UE aura aussi en mains les dotations de l'Initiative européenne pour la démocratie, une dotation budgétaire qui est en train d'être finalisée. « Un nouvel organisme indépendant » sera chargé de la gérer. Au plan bilatéral, avec l'Égypte, l'UE va « augmenter massivement » le soutien à sa participation dans des programmes éducatifs européens (Erasmus et Marie Curie). « Globalement, il y aura une augmentation des fonds de 40% dès septembre 2011 ». L'UE se propose également d'établir des partenariats avec une sélection de pays de la rive sud dont l'Égypte, en faveur des jeunes et de leur mobilité. En profiteront également des catégories telles que les intellectuels ou les hommes d'affaires. « La Méditerranée doit être une mer qui nous unit et ne nous sépare pas. Mais nous avons à gérer ces flux de manière organisée et sûre », a-t-il dit. (F.B.)

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