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Bulletin Quotidien Europe N° 10398
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/grÈce

Durabilité des finances publiques, parer au plus pressé

Bruxelles, 15/06/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro n'ont pas arrêté, mardi soir, les modalités d'un deuxième plan d'aide pour la Grèce (EUROPE n°10397). Les divisions sur le niveau d'implication des créanciers privés d'Athènes demeurent, même si cette participation est actée, devra être volontaire et ne pourra entraîner de défaut même partiel du pays. Cette situation jette le doute sur la capacité de l'Eurogroupe à marquer un accord lors de sa prochaine réunion, dimanche 19 juin à Luxembourg. Afin de permettre à la Grèce d'éviter la banqueroute en juillet, les ministres pourraient être tentés de procéder en deux étapes: - parer au plus pressé en donnant un feu vert conditionnel au versement de la 5ème tranche d'aide (12 milliards d'euros) prévue dans l'actuel programme d'austérité grec ; - reporter de quelques jours la finalisation d'un accord sur la durabilité des finances grecques à moyen terme.

« Pour l'instant, les ministres des Finances doivent se pencher sur la prochaine tranche d'aide de 12 milliards d'euros », a déclaré mercredi 15 juin le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. La question du caractère soutenable de la dette grecque à moyen et long termes est aussi sur la table, a-t-il ajouté. Il a refusé de s'engager sur des délais précis. Assurant que la situation sociale en Grèce était « au centre (des) préoccupations » de la Commission européenne, il a rappelé les propos de M. Rehn selon lequel « il n'y a rien de plus antisocial que des comptes publics détériorés ».

Mardi soir, le ministre luxembourgeois des Finances Luc Frieden a indiqué que l'objectif de l'Eurogroupe consistait à aboutir à une solution « d'ici la fin du mois ». « Je ne suis pas certain que nous trouverons une solution la semaine prochaine, mais d'ici les deux prochaines semaines », a-t-il précisé. Et d'ajouter: nous devons être « très prudents » avec l'implication du secteur privé et nous assurer que cela ne provoque pas de facto un défaut et que cela ne comporte pas le risque d'une contagion à d'autres pays. Soulignant « l'urgence » de trouver un remède durable pour le patient grec, son homologue espagnole Maria Salgado a estimé que « la situation en Grèce (affectait) tout le monde ».

Les positions divergent sur le niveau d'implication 'volontaire' des créanciers privés dans un deuxième sauvetage financier pour la Grèce. Soutenue par les pays de l'Eurozone notés AAA (Autriche, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas) sauf la France, l'Allemagne plaide pour une extension de 7 années de la maturité des titres de dette grecque. Selon les agences de rating, cette option constituerait néanmoins un défaut. Dans un document présentant à l'Eurogroupe les différentes options sur la table qu'a révélé le Financial Times, la solution allemande diminuerait substantiellement le besoin de financement public mais comporte le risque d'une réaction en chaîne sur le financement et la capitalisation du secteur bancaire grec, voire même européen. La BCE est favorable au rachat par les détenteurs d'obligations qu'ils détiennent aux mêmes conditions et au moment où ces titres arrivent à maturité (principe du 'roll over'). Détenant une 40aine de milliards d'euros d'obligations grecques, elle craint un 'credit event' qui fermerait les portes à ses liquidités aux banques helléniques et déclencherait le versement des primes d'assurance contre le défaut de la dette grecque.

Mercredi, les Grecs étaient de nouveau dans la rue pour exprimer leur rejet des mesures additionnelles d'austérité chiffrées à 28 milliards d'euros que le gouvernement grec veut adopter afin de respecter ses engagements budgétaires. Le Premier ministre grec Georges Papandreou a proposé la formation d'un gouvernement d'union nationale qui soutiendrait les mesures d'austérité préconisées, en offrant même de démissionner pour faciliter un tel accord.

La nouvelle stratégie budgétaire grecque 2011-2015 prévoit des mesures d'austérité supérieures à 28 milliards d'euros (14,8 milliards d'économie et 13,4 milliards d'impôts supplémentaires) afin de ramener cette année le déficit public à 7,5% du PIB national et sous la barre des 3% du PIB en 2014. Les principales mesures préconisées, et qui doivent être avalisées par le parlement grec avant fin juin, sont les suivantes: - réduction de la masse salariale dans la fonction publique (diminution de 150 000 unités le nombre de fonctionnaires) ; - réduction de la taille du secteur public (restructuration et fermeture d'entreprises publiques, réduction des dépenses militaires, baisse des investissements) ; - contrôle des dépenses publiques de santé ; - rationalisation des dépenses sociales (gel des pensions jusqu'en 2015, révision des prestations sociales) ; - élargissement de l'assiette d'imposition (TVA) et réduction des niches fiscales ; - lutte contre l'évasion fiscale: - accélération du programme de privatisations (collecte de 5 milliards d'euros en 2011, 15 milliards en 2012 et 50 milliards en 2015) et création d'une agence publique dédiée. (M.B.)

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