Bruxelles, 15/06/2011 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rencontré, mardi 14 juin à Bruxelles, le président de l'UEFA (Union des associations européennes de football), dans le cadre du dialogue structuré entre la Commission européenne et les organisations sportives. Le président Barroso et Michel Platini ont discuté de trois thèmes: le fair-play financier, la lutte contre le trucage de matches et l'importance des équipes nationales.
En ces temps économiques difficiles, le président de l'UEFA et le président de la Commission européenne ont débattu des finances du football européen, un sujet à propos duquel leurs opinions convergent. M. Barroso s'est montré notamment très intéressé par les nouvelles mesures de fair-play financier de l'UEFA visant à rétablir une stabilité et un bon sens économique dans le football européen et qui apportent un cadre plus rationnel en matière de gestion des dépenses des clubs de football. Ces nouvelles règles sont mises en application sur trois ans, de 2010 à 2012. José Manuel Barroso et Michel Platini ont également discuté de la question du trucage des matches et de l'intégrité des compétitions de football. Ils ont convenu de la nécessité cruciale de l'appui des gouvernements nationaux en la matière. Enfin, José Manuel Barroso a évoqué avec le président de l'UEFA la promotion et le développement des équipes nationales de football, une question chère à l'UEFA. M. Barroso a convenu que les équipes nationales reflètent les idées fondamentales de l'UE et que leur protection est essentielle pour un développement sain du football européen. À l'issue de la réunion avec le président de la Commission européenne, Michel Platini a déclaré: « Je suis très heureux de prolonger notre excellente relation de travail avec les institutions de l'UE et la Commission européenne dans mon deuxième mandat. Nous avons parcouru un long chemin depuis l'époque Bosman et l'UEFA et moi-même, personnellement nous sommes engagés à poursuivre notre coopération fructueuse sur les questions d'intérêt commun ».
Interrogé en marge de la rencontre à propos du scandale actuel dans le football italien, le président de l'UEFA s'est montré satisfait de voir le sérieux avec lequel les autorités nationales et internationales appréhendent les faits et « ont pris conscience de ce qui se passe ». « Mieux vaut tard que jamais », a-t-il conclu. Selon lui, l'UEFA fait ce qu'elle peut pour éviter la corruption, notamment en investissant « des millions » pour mettre sur pied un système d'alerte. À présent, c'est à la police et à la justice de faire son travail, a fait remarquer M. Platini. Pour rappel, cinq ans après le fameux Calciopoli qui avait ébranlé le football italien, un nouveau scandale lié à une affaire de corruption a entraîné l'arrestation le 1er juin dernier de seize personnes, dont Beppe Signori, ancien capitaine de la Lazio et attaquant de l'équipe nationale. Les suspects sont accusés de corruption et de paris illégaux.
Le Parlement européen adopte une déclaration écrite pour lutter contre la corruption dans le sport
Par ailleurs, le Parlement européen a adopté une déclaration écrite destinée à appuyer la lutte contre la corruption dans le sport. Rédigée à l'initiative des députés PPE Georgios Papastamkos (Grèce), Tadeusz Zwiefka (Pologne) et Gay Mitchell (Irlande), cette déclaration a recueilli 399 signatures de députés.
La déclaration appelle la Commission européenne et les États membres à se pencher spécifiquement sur les liens qui existent entre le crime organisé et les paris illégaux (et légaux), les agents sportifs, les clubs et les autres éléments qui permettent de fixer illégalement à l'avance les résultats des compétitions. La Commission est également appelée à réglementer les paris en ligne, afin de garantir l'intégrité et le développement durable du sport. Il s'agit, par exemple, de donner des licences à des opérateurs identifiables et triés sur le volet, de prendre des mesures spéciales pour combattre les compétitions dont les résultats sont fixés à l'avance et de rendre, de manière générale, au sport ses lettres de noblesse. « L'Union européenne n'a pas seulement le droit, mais aussi le devoir de prendre des mesures décisives au bénéfice des dimensions sociales, éducationnelles et culturelles du sport », a déclaré M. Papastamkos. Pour M. Zwiefka, « les matches fixés à l'avance tuent l'esprit du sport. Si les spectateurs n'ont pas le sentiment que le jeu ou tout autre événement sportif est basé sur une compétition réelle, le jeu n'en vaut plus la peine, ne cause plus d'émotion et n'est rien d'autre qu'un sale 'business' ». Rappelant que le sport est une source majeure de revenus qui attise l'appétit des organisations criminelles, M. Mitchell estime pour sa part que « la déclaration écrite démontre la volonté politique de prendre des mesures anti-corruption ». (I.L.)