Bruxelles, 15/06/2011 (Agence Europe) - Pour marquer la Journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin dernier, des ONG de défense des droits de l'Homme ont demandé la conduite d'une enquête internationale sur le travail forcé des enfants dans l'industrie du coton en Ouzbékistan. Une requête relayée auprès de la Commission par un groupe de 16 députés européens de différends bords politiques, qui exigent la suspension des préférences accordées par l'UE à l'ex-république d'URSS, si les allégations sont prouvées.
Les ONG Anti-Slavery International et International Labour Rights Forum ont jeté un pavé dans la mare dimanche en dénonçant, lors de la conférence annuelle de l'OIT sur le travail des enfants, le travail forcé des écoliers ouzbeks lors des récoltes de coton à l'automne. Un groupe de députés européens de différents bords politiques a aussitôt porté le dossier auprès de l'exécutif européen, qu'il charge d'enquêter sur une violation des obligations en matière de droits de l'Homme auxquelles doit se conformer l'Ouzbékistan, en vertu du système de préférences généralisées de l'UE (SPG), par lequel le troisième producteur mondial de coton obtient un accès préférentiel au marché communautaire pour ses exportations.
Dans un courrier adressé au commissaire Karel De Gucht, les députés européens écrivent que la moitié du coton produit en Ouzbékistan est récolté chaque année, à la demande de l'État, par des centaines de milliers d'enfants, les plus jeunes d'entre eux étant âgés de 9 ans, pour compenser un déficit de main-d'œuvre adulte. Les députés, qui dénoncent une « forme moderne d'esclavage », déplorent en outre que les enfants qui ne seraient pas performants ou tenteraient de s'enfuir seraient battus ou menacés de renvoi de leur école.
« Sortir les enfants des écoles et les forcer à travailler dans les champs de coton est une infraction totale aux droits de l'Homme. C'est une violation des accords internationaux sur les droits de l'Homme auxquels souscrivent l'Ouzbékistan et tous les pays de l'UE. La politique commerciale de l'UE récompense les pays qui protègent les droits de l'Homme, pas ceux qui les ignorent », s'insurge la Britannique Catherine Bearder (ADLE). Les députés européens demandent donc à la Commission de geler les préférences octroyées au coton ouzbek, si les allégations des ONG sont vérifiées.
Jusqu'ici Tachkent a toujours nié recourir au travail forcé des enfants, et n'a toujours pas permis à une mission de contrôle de l'OIT d'enquêter sur place. (E.H.)