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Bulletin Quotidien Europe N° 10392
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/agriculture

E. Coli, l'UE promet des compensations aux producteurs

Bruxelles, 06/06/2011 (Agence Europe) - Une session extraordinaire du Conseil des ministres de l'Agriculture des États membres de l'Union européenne se tient ce mardi 7 juin à Luxembourg, sous la présidence du ministre hongrois Sándor Fazekas, pour évoquer les implications de la contamination par E. Coli pour la sûreté sanitaire des aliments et les marchés. Le Conseil commencera vers 14 heures et la présidence hongroise prévoit de tenir une conférence de presse à l'issue des travaux, autour de 17h30.

Bonne nouvelle pour les producteurs de légumes affectés par les effets de l'épidémie de la bactérie tueuse partie d'Allemagne: la Commission européenne a annoncé lundi 6 juin son intention de proposer des « compensations » financières pour aider les producteurs de légumes et fruits dont les ventes ont chuté à cause de la baisse de la consommation. Plusieurs pays réclament des aides, parmi lesquels l'Espagne, victime d'une crise de défiance à l'égard de ses concombres (mis en cause au départ par les autorités allemandes), mais aussi la France, les Pays-Bas, la Belgique et l'Allemagne. La Commission n'est pas en mesure à ce stade de donner un montant des aides. Un comité de gestion de l'UE aura lieu mardi après-midi pour donner un tableau plus précis de l'impact économique de la crise.

« L'idée est d'arriver à la réunion du Conseil de mardi avec quelque chose que nous pourrons discuter et qui couvrira non seulement les producteurs de fruits et légumes qui sont membres d'organisations professionnelles mais aussi ceux qui n'en font pas partie », a précisé Roger Waite, le porte-parole de Dacian Ciolos, commissaire européen à l'Agriculture. « Nous avons besoin d'une solution européenne », a ajouté le porte-parole, sachant que la crise affecte pas mal de pays en Europe.

En principe, seuls les maraîchers membres d'une organisation ont le droit de percevoir une aide exceptionnelle, à hauteur de 5% à 10% de la valeur annuelle de leur production. Ce type de maraîchers représente en moyenne 35% de la profession dans l'UE. Les autres fonctionnent de manière indépendante.

Deuxième possibilité: l'UE peut aussi autoriser les différents gouvernements européens à verser des aides publiques nationales aux producteurs concernés (hors budget de l'UE donc), limitées à 7 500 euros par exploitation sur trois ans (aides de minimis).

Les pertes annoncées par les différents pays s'élèvent à ce jour à plusieurs dizaines de millions d'euros. L'UE serait en train d'étudier le moyen de puiser des fonds supplémentaires dans son budget pour compléter l'enveloppe.

La France veut des mesures massives. Bruno le Maire, le ministre français de l'Agriculture, a fait un certain nombre de demandes au commissaire européen à l'Agriculture, qu'il a rencontré à Bruxelles lundi 6 juin. Cette crise à un impact important sur les producteurs français de fruits et légumes. La consommation d'un certain nombre de légumes (concombres, salades, tomates) s'est effondrée, a dit Bruno le Maire. Il a demandé à M. Ciolos qu'il y ait une indemnisation « à l'euro près » des pertes subies par les producteurs de légumes français. Ces pertes « très importantes » sont évaluées à plusieurs millions d'euros depuis le début de la crise sanitaire pour les producteurs de fruits et légumes du pays. Ces producteurs doivent pouvoir compter sur le soutien exceptionnel de l'UE et l'argent devra provenir du budget de l'UE, a martelé M. Le Maire. Il a signalé au commissaire que « nous avons besoin d'un geste qui intervienne le plus rapidement possible ». Il espère que, lors de la réunion de ce mardi du Conseil Agriculture extraordinaire, M. Ciolos sera en mesure de dire « qu'il est prêt à soutenir financièrement tous les producteurs de fruits et légumes qui ont été marqués par cette crise ». Tous les producteurs, cela veut dire « les organisations de producteurs (producteurs bien structurés) et les petits producteurs (notamment de salades, de concombres et de tomates) qui sont les premiers à subir de plein fouet cet effondrement de la consommation, des prix et de leurs revenus », a précisé le ministre français de l'Agriculture. Il a appelé de ses vœux « des mesures rapides et massives pour les producteurs de fruits et légumes français ».

Le système d'alerte rapide critiqué. « Il y a eu un grave dysfonctionnement du dispositif de sûreté sanitaire sur les aliments en Europe. Donc il faut que nous en tirions toutes les conséquences. Il faut que nous renforcions la traçabilité des aliments tout au long de la chaîne », a dit Bruno le Maire. La France fera des propositions en ce sens mardi au Conseil Agriculture. Pour Bruno le Maire, « quelque chose a failli dans notre système de prévention et dans notre système d'alerte ». L'Espagne a demandé aussi une révision du mécanisme d'alerte alimentaire de l'Union européenne et attend des explications des autorités allemandes sur leur gestion de l'affaire.

Sécheresse. Des agriculteurs européens de plusieurs pays, notamment la France, sont confrontés au problème de la sécheresse. La Commission semble exclure dans l'immédiat des aides européennes. « Nous ne sommes pas convaincus à ce stade que cela atteigne une échelle européenne » justifiant une intervention de l'UE, a dit Roger Waite. Bruno le Maire a demandé à M. Ciolos « l'aide de l'Union européenne, en particulier pour les éleveurs ». D'abord pour autoriser la France à débloquer des aides nationales conformes au droit européen. M. le Maire a demandé aussi à M. Ciolos de surveiller le prix de la viande bovine, pour éviter un effondrement des prix de la viande bovine. (L.C.)

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