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Bulletin Quotidien Europe N° 10392
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/grÈce

Vers un deuxième plan d'aide et plus d'austérité

Bruxelles, 06/06/2011 (Agence Europe) - Les créanciers internationaux devraient approuver un deuxième plan d'aide financière à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité. Ce plan serait financé en partie par le secteur privé appelé à maintenir son exposition sur la dette grecque. Les discussions se poursuivront jusqu'à l'Eurogroupe du mardi 14 juin pour finaliser notamment les modalités de cette implication du secteur privé de manière à éviter une restructuration de la dette souveraine grecque que les Européens rejettent en bloc. La population grecque est mobilisée contre de nouvelles mesures d'austérité.

En proie à une récession plus importante que prévu et à une défiance des marchés qui appliquent aux titres de dette grecque des taux prohibitifs, la Grèce ne pourra pas recommencer à s'autofinancer à partir de l'année prochaine, contrairement à ce que prévoit son programme d'ajustement économique.

« Je m'attends à ce que l'Eurogroupe marque un accord sur un financement supplémentaire à la Grèce en échange de conditions strictes », a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, vendredi 3 juin à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre grec Georges Papandreou. Le contour de l'enveloppe varie selon les sources. Le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE Lorenzo Bini Smaghi avait évoqué une fourchette de 60-70 milliards d'euros pour 2012-2013. La presse grecque s'est depuis faite l'écho d'un paquet de 85 milliards d'euros d'ici 2014. L'aide financière serait prise en charge par les Européens et le FMI pour une part oscillant entre un tiers et la moitié du total. Les autorités grecques financeraient une partie de l'aide à travers le programme de privatisation censé rapporter 50 milliards d'euros d'ici 2015. Le solde de l'aide financière serait à la charge du secteur privé.

Si le principe d'une participation 'volontaire' des banques au nouveau plan d'aide semble acquis, les modalités de cette participation doivent encore être précisées. Privilégiée par la BCE, l'option la plus probable consisterait à inciter les détenteurs de titres de dette grecque à acquérir de nouveaux titres de même maturité et aux mêmes conditions que ceux en leur possession et arrivant à maturation (principe du 'roll-over'). 65 milliards d'euros d'obligations souveraines grecques arriveront à maturité d'ici 2013. L'Allemagne prônerait un échange volontaire d'anciens titres de dette contre de nouveaux titres à la maturité accrue. Mais l'agence de rating Standard & Poor's a prévenu que cette option, si elle consiste à inciter une masse critique de créanciers à refinancer leur exposition à la dette grecque à des taux inférieurs à ceux du marché, équivaudrait à un défaut.

À Luxembourg, M. Papandreou a présenté à M. Juncker les mesures additionnelles d'austérité que son gouvernement compte faire adopter afin de réduire en 2011 le déficit public national de 10,5% à 7,5% par rapport au PIB, et de ramener celui-ci à 1% en 2015. Ces mesures, qui devront être formellement adoptées par le parlement grec une fois validées par les créanciers internationaux, concernent: - de nouvelles coupes budgétaires: une réduction significative du secteur public, fermeture d'entités publiques ; - une hausse de la fiscalité: réduction des exemptions fiscales, hausse de la taxation sur l'immobilier, renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale ;
- l'accélération des réformes structurelles: suppression des obstacles administratifs aux exportations, stimulation du secteur touristique, réformes de la santé, flexibilisation du marché du travail, libéralisation accrue des secteurs des transports et de l'énergie ; - accélération du programme de privatisation.

Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a déclaré que la Commission européenne et les États membres étaient prêts à étudier les possibilités de renforcer leur « assistance technique » en matière de « fiscalité » et « privatisation » si les autorités grecques en faisaient la demande. Une telle assistance, qui n'équivaudrait pas à une supervision, serait comparable à l'expertise fournie par des experts européens lors de la création de l'institut statistique grec.

Ces mesures d'austérité ont été âprement négociées entre les autorités grecques et la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) qui a achevé sa mission d'évaluation de la mise en œuvre du programme grec. Sur cette base, les discussions sur les modalités de financement du programme continueront dans les prochaines semaines, explique la 'troïka' dans un communiqué conjoint. Selon elle, une fois ce processus achevé et approuvé par le FMI et l'Eurogroupe, la nouvelle tranche d'aide, d'un montant de 12 milliards d'euros, sera disponible probablement « début juillet ». (M.B.)

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