Venise, 06/06/2011 (Agence Europe) - Les réponses européennes et américaines au printemps arabe sont insuffisantes et inadéquates: telle est l'une des conclusions de l'atelier annuel de Venise de The Council for the United States and Italy, une organisation qui regroupe des entrepreneurs italiens et américains. Pendant deux jours, sur l'Île de San Clemente, des diplomates et des experts italiens, mais aussi européens et américains ont débattu, à huis clos, de nombreux sujets d'intérêt commun tels que le printemps arabe et la paix improbable entre Israéliens et Palestiniens, l'état de l'économie et les perspectives du nucléaire.
Les débats, et les conversations en marge, ont laissé percevoir une certaine nostalgie des relations transatlantiques d'antan, quand les problèmes entre Washington et Bruxelles, ou bien Paris, Berlin, Madrid, Rome, faisaient la une de la presse européenne et américaine. Aujourd'hui, ont souligné plusieurs diplomates, dans les coulisses, la visite en Europe d'un président des États-Unis n'est pas plus, pour la presse, qu'une 'photo opportunity': Barack Obama vient d'effectuer une mission européenne très discrète, avec des étapes électorales à Dublin et à Varsovie pour solliciter le vote ethnique irlandais et polonais aux présidentielles de 2012. Jusqu'il y a quelques années, les visites en Europe des présidents des États-Unis avaient bien plus d'écho dans la presse: les euromissiles, la chute du Mur, les guerres du Golfe et dans l'ancienne Yougoslavie, l'invasion de l'Iraq, les guerres commerciales…
Concrètement, c'est peut-être mieux ainsi: l'Amérique et l'Europe n'ont vraiment pas, aujourd'hui, de contentieux commerciaux, militaires, politiques, et n'ont même pas un ennemi commun, après la défaite du communisme et l'affaiblissement du terrorisme d'al-Qaïda. Par contre, l'Amérique et l'Europe gardent des valeurs communes fortes: la liberté, la démocratie, les droits de l'Homme, la volonté de réaliser des sociétés ouvertes… Et Washington et Bruxelles ont un intérêt réciproque à chercher ensemble des réponses à des défis qui les touchent de près: le printemps arabe, la paix qui se fait attendre entre Israéliens et Palestiniens, la montée économique de la Chine et des BRICS, la sortie de la crise et la mondialisation. Encore faut-il faire des choix courageux et régler les problèmes de façon efficace et directe. (Gp)