Bruxelles, 27/05/2011 (Agence Europe) - Alors que la directive de 1995 sur la protection des données personnelles est en cours de révision à la Commission, pilotée notamment par la commissaire Viviane Reding, le ministre de la Justice britannique, Kenneth Clarke, a estimé jeudi à Bruxelles dans un discours que l'Europe était en passe de « faire de mauvais choix » dans ce domaine, parlant même de « danger ». S'exprimant devant la chambre de commerce britannique de Bruxelles, le ministre a voulu mettre en garde contre des « règles inutilement normatives » dans ce domaine, indique un communiqué, affirmant que « c'est aux États membres » que doit revenir la décision de savoir quand et comment traiter les données personnelles des citoyens, notamment quand cela a à voir avec la lutte contre le terrorisme ou la criminalité grave. Le ministre a encore affirmé « que nous devons nous prémunir de règlements qui sont tellement préoccupés par la protection des données qu'ils ne reconnaissent pas les dommages pouvant résulter du non-partage des informations ou d'un traitement négligent des données ». Selon le ministre, « imposer un régime de protection des données inflexible et exhaustif à l'ensemble de l'UE sans tenir compte des particularités des différentes cultures et systèmes juridiques, comporte des risques graves », a-t-il encore ajouté. Du côté de Mme Reding, l'on accueille cette position comme un élément du débat actuel parmi d'autres et rappelle que depuis le Traité de Lisbonne, la Commission est en droit d'envisager d'étendre les règles générales de protection des données aux domaines de la coopération policière et judiciaire en matière pénale. « La limitation des droits dans ce domaine devra se conformer aux règles générales et être clairement définie et proportionnée. C'est une partie importante de ma réforme », avait ainsi déjà déclaré le 16 mars dernier Mme Reding. (S.P.)