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Bulletin Quotidien Europe N° 10388
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) g8/printemps arabe

Le sommet adopte le « Partenariat de Deauville »

Bruxelles, 27/05/2011 (Agence Europe) - Le sommet du G8 a exprimé vendredi 27 mai son soutien aux aspirations démocratiques exprimées dans les « printemps arabes » et adopté le « Partenariat de Deauville » destiné à apporter une aide politique, économique et financière aux pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient qui souscrivent à des réformes substantielles. « Nous entendons la voix des citoyens, soutenons leur exigence d'égalité et appuyons leur appel légitime à la mise en place de sociétés démocratiques et ouvertes et à une modernisation économique qui profite à tous », indiquent les dirigeants dans une déclaration. Dans un premier temps, le Partenariat de Deauville (PdD) concerne seulement l'Égypte et la Tunisie d'où sont parties les révolutions arabes mais l'objectif est d'ouvrir ce partenariat « à tous les pays de la région ».

Aide politique et économique. Le PdD repose sur deux piliers: - le soutien politique des pays du G8 en faveur des réformes démocratiques ; - un soutien économique en vue d'aider les pays de la région à réformer leurs économies, à attirer des investissements, à accroître le commerce et à créer des emplois. Le volet économique du PdD sera adapté à la situation et aux besoins de chaque pays. À court terme, l'objectif est d'éviter que l'instabilité socio-économique ne compromette les réformes politiques. À moyen et long terme, l'objectif est de développer des économies durables. Les banques multilatérales de développement (Banque mondiale, BEI, BERD, Banque africaine de développement, etc.) sont appelées à renforcer leurs engagements. Quant aux pays du G8, ils s'engagent à renforcer leurs aides bilatérales et à tenir leurs engagements en matière de « restitution des avoirs volés » par les anciens dictateurs.

Ouverture des marchés. Sur le plan commercial, les Huit affirment « se tenir prêts à proposer un soutien supplémentaire, notamment par une amélioration des possibilités d'accès mutuel au marché ». Ainsi, lit-on dans la déclaration, l'UE prendra des mesures dans ce sens dans le cadre de son « Partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée » pour développer les échanges commerciaux avec les pays du Sud de la Méditerranée, « notamment par des accords de libre-échange approfondis et complets et des investissements, par des accords sur l'autorisation de produits industriels et par l'amélioration du système PanEuroMed de cumul des règles d'origine ». L'UE réformera aussi sa politique de voisinage (PEV). Les États-Unis, pour leur part, lanceront une « Initiative globale de Partenariat pour le commerce et l'investissement » dans la région. Et la Russie utilisera son accord avec la Ligue arabe pour explorer des projets de coopération régionale.

Égypte, Tunisie. Le G8 salue en particulier le programme de stabilité économique et financière que l'Égypte et la Tunisie ont présenté à la communauté internationale des donateurs en vue de récolter des aides et attirer des investissements. « Nous nous tenons prêts à les aider », déclarent les Huit, sans plus de précision. Ils saluent la décision égyptienne de demander de l'aide du FMI et des autres banques multilatérales de développement, ainsi que la demande de la Tunisie pour un prêt conjoint et coordonné d'appui à sa politique de développement. « Dans ce contexte, les banques multilatérales de développement pourraient fournir plus de 20 milliards de dollars, dont 3,5 milliards d'euros provenant de la BEI, au profit de l'Égypte et de la Tunisie pour 2011-2013 », note le G8.

Van Rompuy, Barroso satisfaits. Les dirigeants de l'UE présents à Deauville se sont félicités des résultats du sommet. « Le Partenariat de Deauville repose très fortement sur la nouveau partenariat de l'UE avec la région », ont estimé Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso dans une déclaration commune.

Libye, Syrie, Yémen, Iran. Les Huit demandent aussi l'arrêt immédiat des hostilités en Libye et affirment que le colonel Kadhafi « n'a aucun avenir dans une Libye démocratique et libre. Il doit partir ». Ils se disent aussi « consternés » par la mort d'un si grand nombre de manifestants pacifiques en Syrie et appellent les dirigeants syriens à cesser immédiatement de recourir à la force et à l'intimidation contre leur peuple. « Si les autorités syriennes ne tiennent pas compte de cet appel, nous envisagerons d'autres mesures », disent-ils. En ce qui concerne le Yémen, le G8 demande au président Saleh d'honorer immédiatement ses engagements (à savoir de quitter le pouvoir, Ndlr) et de veiller à ce que les aspirations légitimes du peuple yéménite soient prises en compte. Enfin, les Huit se disent très préoccupés par la répression actuelle des droits démocratiques en Iran. Le pays « doit jouer un rôle constructif et responsable dans la région », soulignent-ils. (H.B.)

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