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Bulletin Quotidien Europe N° 10381
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/bei

M. Maystadt présente les priorités de la Banque pour 2011

Bruxelles, 18/05/2011 (Agence Europe) - Stratégie « EUROPE 2020 », action en faveur du climat et politique extérieure de l'UE. Tels sont les trois objectifs stratégiques de soutien au programme d'action de l'UE que la Banque européenne d'investissement (BEI) poursuivra en 2011, a indiqué, mardi 17 mai à Bruxelles, le président de l'institution, Philippe Maystadt, à l'occasion de la réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de l'institution. Le Conseil des gouverneurs, composé des ministres des Finances des Vingt-sept, a approuvé les objectifs de prêt de la BEI pour 2011, qui prévoient un retour progressif vers les niveaux d'avant la crise. Après 2009 et 2010, années hors norme au cours desquelles elle a prêté, respectivement, 79 milliards et 72 milliards d'euros, la Banque prévoit cette année un volume total de prêts de 63 milliards d'euros. « Cette diminution est conforme à notre intention de réduire progressivement les volumes de prêts pour les ramener à leurs niveaux d'avant la crise, puisque les mesures que nous avions mises en place pour lutter contre la crise ne devaient constituer dans tous les cas qu'un dispositif ciblé et temporaire pour les années 2009 et 2010 », a déclaré Philippe Maystadt.

Le premier des trois objectifs stratégiques que défendra la BEI en 2011 pour soutenir l'action de l'UE est l'appui à la stratégie « EUROPE 2020 », avec pour principal défi de favoriser l'emploi et la productivité, notamment en investissant davantage et de façon plus efficace dans l'éducation, la recherche et l'innovation. M. Maystadt a rappelé qu'en 2010 la BEI avait accordé des prêts totalisant plus de 4 milliards d'euros pour des projets réalisés dans le secteur de l'éducation, et plus de 7 milliards pour des financements en faveur de la recherche, du développement et de l'innovation. « La BEI a l'intention d'accroître encore davantage son apport financier pour atteindre les objectifs de cette stratégie », a-t-il indiqué.

Autre objectif: l'action en faveur du climat. La lutte contre les changements climatiques demeure une priorité absolue pour la Banque. En 2010, les opérations de financement liées à des projets apportant une forte contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre se sont élevées à 20,5 milliards, soit près de 30 % du volume total des prêts, un niveau de référence que la BEI a également atteint au premier trimestre de cette année. Sur les 20,5 milliards prêtés en 2010, 6,2 milliards ont été consacrés aux énergies renouvelables, principalement solaires et éoliennes, et 2,3 milliards à l'efficacité énergétique. « Ce chiffre devrait augmenter ces prochaines années, au vu des énormes économies d'énergie que l'on peut encore réaliser, en particulier dans les domaines du logement et des bâtiments publics », a dit M. Maystadt.

S'agissant du soutien à la politique extérieure de l'UE, M. Maystadt a expliqué en substance que, sous réserve de l'approbation d'une augmentation de 1 milliard d'euros du plafond des financements qu'elle est autorisée à accorder dans le bassin méditerranéen, la BEI serait en mesure d'octroyer quelque 5,8 milliards d'euros aux pays de cette région sur la période comprise entre 2011 et 2013 (EUROPE n° 10321), en mettant en particulier l'accent sur ceux qui ont progressé dans leur transition vers un système politique plus ouvert et plus démocratique.

Sur la question du relèvement - limité - du plafond pour les pays de l'élargissement, le président de la BEI « espère là aussi qu'un accord sera trouvé. Il serait en effet politiquement difficile d'expliquer à la Croatie, par exemple, que nous devons réduire le volume de nos opérations sur son territoire alors même qu'elle se rapproche de l'adhésion ».

Plus généralement, M. Maystadt s'est dit « heureux de constater que la révision des mandats extérieurs de la BEI confirme que la garantie de l'UE est un moyen très économique d'utiliser les ressources budgétaires pour promouvoir les politiques de l'Union ». À cet égard, il a rappelé que, « depuis la mise en place du fonds de garantie, la garantie de l'UE accordée à la BEI n'a, en réalité, jamais pesé sur le budget européen, car, dans les deux seuls cas où la Banque a dû y faire appel - dans les années 90 pour des projets dans l'ex-Yougoslavie et en 2003-2004 pour des projets en Argentine - les fonds ont en définitive été intégralement recouvrés et reversés au budget de l'UE ».

Toujours dans le cadre de la révision des mandats extérieurs, certains changements sont envisagés en ce qui concerne le rôle de la BEI hors de l'UE. Selon M. Maystadt, « cela n'aurait pas de sens de faire de la BEI une autre organisation du type de la Banque mondiale ». « Ce dont nous avons besoin, estime-t-il, c'est d'une institution financière capable de soutenir les objectifs extérieurs spécifiques de l'Union. Et de conclure en faisant valoir que « si l'Union veut véritablement se doter d'une politique extérieure performante, elle doit disposer d'un bras financier ». « La BEI peut être ce bras, car c'est la seule institution financière à être techniquement capable et juridiquement tenue de soutenir les politiques de l'UE », a encore estimé le président de l'institution. (O.L.)

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