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Bulletin Quotidien Europe N° 10381
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/asile

Homosexuels, la Commission veut mettre fin aux pratiques de Prague

Bruxelles, 18/05/2011 (Agence Europe) - Les tests « phallométriques » pratiqués par les autorités tchèques sur les demandeurs d'asile pour vérifier s'ils sont bien homosexuels et susceptibles pour cette raison de subir des violences dans leur pays d'origine, ne sont pas conformes aux lois européennes sur l'asile et aux droits fondamentaux, a rappelé mardi 17 mai la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cécilia Malmström. La veille, la commissaire a d'ailleurs envoyé un courrier en ce sens à la République tchèque lui signalant que la Commission allait ouvrir une enquête approfondie sur ces pratiques. Un premier courrier demandant des explications à Prague avait déjà été adressé le 15 décembre dernier, mais les explications n'avaient pas convaincu la Commission.

Les tests phallométriques consistent à mesurer l'afflux sanguin dans le pénis des candidats face à des films pornographiques hétérosexuels. L'absence de réaction est considérée par les autorités comme une preuve de l'homosexualité des candidats et donc du bien-fondé de leur demande d'asile. Pour Mme Malmström, ils portent atteinte tant à la vie privée qu'à la dignité humaine et s'avèrent par ailleurs « dégradants », dit-elle, la commissaire estimant que ces pratiques ne devraient pas être autorisées dans l'UE ni dans le reste du monde. Dans son courrier adressé à Prague, la Commission rappelle que les demandeurs d'asile risquant d'être persécutés sur la base de leur orientation sexuelle sont éligibles au statut de réfugié et que, selon les directives en vigueur, les États membres doivent en effet s'assurer que toutes les conditions sont remplies. La pratique de ces tests spécifiques pose néanmoins des questions quant à leur compatibilité avec le principe de proportionnalité, écrit la Commission. Elle juge aussi que ces tests sont contraires à la Charte des droits fondamentaux ou à la Convention européenne sur la protection des droits humains et des libertés fondamentales. Selon la Commission, l'utilisation des tests phallométriques constitue un traitement « humiliant » et crée « un sentiment de peur, d'angoisse et d'infériorité », écrit-elle encore. (S.P.)

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