Bruxelles, 18/05/2011 (Agence Europe) - Lorenzo Bini Smaghi, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a rejeté, mercredi 18 mai, l'idée d'un rééchelonnement de la dette grecque et notamment une extension des maturités des prêts octroyés à la Grèce. « Je suis contre une restructuration légère pour la Grèce » en raison de son « impact négatif sur les banques du pays » qui devraient trouver de nouveaux fonds propres sans avoir un accès facile aux marchés, a-t-il déclaré, selon l'agence Dow Jones.
Mardi à l'issue du Conseil Écofin, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a évoqué la possibilité qu'une initiative soit lancée afin de « maintenir l'exposition en Grèce des investisseurs privés sur le modèle de ce qui a été décidé pour le Portugal », tout en excluant toute restructuration de la dette grecque. Sur requête de la Finlande, le Conseil Écofin a demandé au Portugal d'encourager les investisseurs privés à agir de la sorte en même temps qu'il approuvait le programme d'austérité portugais (EUROPE n°10380). « Dans ce contexte, une extension des maturités des prêts - communément appelée rééchelonnement sur base volontaire - pourrait être examinée », a ajouté M. Rehn. Lundi, Jean-Claude Juncker avait aussi ouvert la porte à un possible rééchelonnement de la dette grecque, une décision n'étant pas prévue avant la publication des résultats de la mission des créanciers internationaux. Le président de l'Eurogroupe et le commissaire ont insisté sur l'importance, au préalable, d'accélérer les réformes structurelles et de lancer le programme de privatisation censé rapporter 50 milliards d'euros en cinq ans. Respecter l'engagement de lever « 15 milliards en 2011 et 2012 » est « une condition nécessaire » pour aller de l'avant, a prévenu M. Rehn. Il a réclamé des « mesures additionnelles » pour réduire les dépenses publiques de « plus de 20 milliards » en 2011. Le gouvernement grec dévoilera, ce jeudi, sa nouvelle stratégie budgétaire en vue de respecter les objectifs inscrits dans le programme d'austérité (déficit public 2011 de 7,5% par rapport au PIB alors que la Commission prévoit 9,5%). Il a engagé des consultants privés pour stimuler le programme de privatisation. (M.B.)