Bruxelles, 18/05/2011 (Agence Europe) - Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a appelé mercredi 18 mai le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger à rejeter le compromis qui aurait été ficelé le 13 mai avec le groupement européen des autorités nationales de sûreté nucléaire (ENSREG) sur les critères des tests de résistance (stress tests) des 143 réacteurs nucléaires en activité dans l'UE. Compromis aux termes duquel la sûreté des réacteurs face à des aléas naturels, des catastrophes ou des accidents, sera dissociée de leur sécurité face à des actes terroristes ou des sabotages. Le compromis prévoirait des tests de sûreté complets pour vérifier à la fois la résistance des centrales nucléaires de l'UE à des catastrophes naturelles, comme les séismes et les inondations, mais aussi les conséquences de tout type d'accident d'origine humaine ou naturelle. Les autorités nationales de sûreté reconnaissant n'avoir aucune compétence pour les questions liées à la sécurité contre le terrorisme, le compromis proposerait la création d'un groupe de travail réunissant en son sein des experts des États membres et de la Commission, dont le format, le mandat et les méthode de travail doivent encore être arrêtés. Cette solution permettrait de prendre en compte les demandes de M. Oettinger.
« Les propositions de l'ENSREG n'ajoutent rien au débat. Outre des lacunes relatives au caractère volontaire de la participation aux tests et au manque d'indépendance, nous notons des failles substantielles qui empêcheront la vérification effective de la sécurité des réacteurs utilisant les derniers outils et connaissances techniques et scientifiques. Spécifiquement, des tests relatifs à l'erreur humaine, aux attaques terroristes, aux cyber-attaques et aux crashs d'avion ne sont pas couverts du tout ou sont traités insuffisamment. En outre, des accidents, les failles techniques connues et le vieillissement des réacteurs ne sont pas pris en compte ou ne seront pas traités dans les tests », déplorent l'Allemande Rebecca Harms et le Luxembourgeois Claude Turmes, dans un communiqué. « Le lobby nucléaire lui-même domine la conception et l'exécution des stress tests à un tel degré que l'indépendance et la transparence des résultats ne peuvent pas être assurées », poursuivent-ils. La décision finale sur la liste des critères des stress tests est attendue ce 18 mai à minuit. (E.H.)