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Bulletin Quotidien Europe N° 10377
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/pesc

Après les critiques contre Ashton, des propositions

Bruxelles, 12/05/2011 (Agence Europe) - Le débat à Strasbourg mercredi 11 mai (EUROPE n°10376) l'a clairement démontré: le PE, dans sa très grande majorité, souhaite une politique étrangère et de sécurité commune (PESC) beaucoup plus ambitieuse et proactive et commence sérieusement à s'impatienter face à la prestation de Catherine Ashton, jugée trop prudente, trop tardive et trop calquée sur les intérêts des grandes diplomaties nationales. La Haute représentante pour les affaires étrangères devrait davantage « oser » prendre l'initiative, développer des stratégies et façonner sa propre politique étrangère telle qu'elle l'estime nécessaire pour l'UE. Bref: « Mme Ashton doit diriger plutôt que simplement suivre » les États membres, comme l'a formulé l'Allemand Elmar Brok (PPE). L'aspiration des députés à voir l'UE « faire mieux » sur la scène internationale se reflète aussi dans le rapport de l'Italien Gabriele Albertini (PPE) sur les principaux aspects et les choix fondamentaux de la PESC, adopté le 11 mai.

Le Parlement y demande à Mme Ashton d'utiliser tous les moyens en son pouvoir pour rendre l'action extérieure des 27 plus cohérente. Les députés n'oublient toutefois pas de rappeler la responsabilité des gouvernements. « La cohérence et l'efficacité de la politique étrangère commune de l'UE nécessiteront, avant toute autre chose, la volonté politique des États membres de surmonter leurs conceptions divergentes des grandes questions de politique étrangère ». La PESC devrait se concentrer avant tout sur les pays et les régions en crise où les valeurs et les intérêts stratégiques de l'UE sont en jeu et où les opérations apporteraient une réelle valeur ajoutée à la promotion de la paix, de la stabilité et de l'état de droit et de la défense de la démocratie et des droits de l'Homme, estime le Parlement. Garantir la sécurité énergétique doit aussi être un autre objectif de la politique étrangère, dit-il.

Le rapport Albertini cite aussi ce que, selon le PE, devraient être les « grandes priorités géographiques » de la PESC: - la diplomatie multilatérale et la promotion de la gouvernance mondiale. L'UE doit renforcer son partenariat avec l'OTAN et profiter de son statut renforcé à l'Assemblée générale de l'ONU (où elle a désormais droit de parole, voir EUROPE n°10371) pour jouer un rôle plus actif aux Nations unies. Il faudrait aussi aider à renforcer l'OSCE, estime le PE ; - relations transatlantiques. Les liens avec les USA restent l'un des principaux piliers de l'action extérieure de l'UE. Les députés appellent à la création d'un « marché transatlantique sans entrave qui devrait jeter les bases d'un partenariat atlantique renforcé » ; - Balkans. Tous les pays de la région ont une « perspective d'adhésion », pourvu qu'ils effectuent les réformes nécessaires pour remplir les critères d'adhésion. Le processus d'élargissement doit être poursuivi dans le respect des critères, insistent-ils ; - Partenariat oriental (Ukraine, Moldavie, Bélarus, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan). L'objectif doit être l'« association politique et l'intégration économique » de ces pays, y compris dans le domaine de l'énergie, mais dans le respect de critères et de valeurs européennes communes ; - Russie. L'UE doit avoir une attitude plus cohérente vis-à-vis de Moscou et veiller au respect de l'état de droit, des droits de l'Homme et des libertés fondamentales dans ce pays. Ces valeurs doivent aussi constituer « la base » du nouvel accord de partenariat en cours de négociation ; - Turquie. Le PE déplore la « quasi-stagnation » du processus d'adhésion et espère que « dans tous les cas la Turquie va poursuivre sa modernisation selon les critères européens ». Les députés craignent aussi de « graves problèmes à long terme si les relations UE-Turquie ne se stabilisent pas et si l'Union et l'OTAN continuent à être freinées dans leur objectif de coopération plus étroite ». La politique étrangère « de plus en plus active » d'Ankara offre de nouveaux défis et de nouvelles opportunités à la PESC. Ashton devrait donc engager un dialogue institutionnalisé avec la Turquie sur les questions stratégiques importantes, comme l'énergie, la stabilité des Balkans et du Caucase, le nucléaire iranien ou les révolutions démocratiques au Moyen-Orient; - Moyen-Orient et Méditerranée. L'UE doit jouer un rôle accru dans le processus de paix israélo-palestinien. À cette fin, Ashton devrait présenter « une nouvelle stratégie de l'Europe à l'égard de la région » esquissant les intérêts et les objectifs de l'Union ainsi que les moyens mobilisables. Le PE se dit aussi solidaire avec les citoyens des pays du voisinage méridional dans leur combat pour la démocratie, la liberté et la justice sociale. L'UE doit leur offrir un soutien rapide et sans équivoque; - Mer Noire. La Commission doit accélérer la mise en œuvre des projets dans le cadre de la synergie de la mer Noire et maintenir cette question à l'ordre du jour du service européen pour l'action extérieure (SEAE); - Asie. Le PE appelle à une solution durable en Afghanistan et réaffirme le « rôle stratégique » du Pakistan dans la région. Les relations avec la Chine, le Japon et l'Inde sont cruciales pour l'avenir et doivent être approfondies ; - Afrique. Les députés appuient et encouragent les partenariats avec l'Union africaine et d'autres organisations régionales d'Afrique visant à répondre aux préoccupations de stabilité et de sécurité sur le continent africain. Ils appellent aussi à la définition d'une approche globale à l'égard des régions de la Corne d'Afrique et du Sahel ; - Amérique latine. Les députés saluent la conclusion des négociations sur l'accord d'association avec l'Amérique centrale et l'accord de commerce avec le Pérou et la Colombie. L'UE devrait cependant continuer à privilégier les processus d'intégration régionale. (H.B.)

 

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