Bruxelles, 12/05/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen s'est prononcé mardi 10 mai en faveur d'un lieu de travail unique, tout en se gardant bien de trancher sur sa localisation. En adoptant le rapport de Ville Itälä (PPE, finlandais) donnant décharge au président du PE sur l'exécution du budget 2009 du PE, le PE a souligné que, compte tenu des contraintes budgétaires pesant sur les pays de l'UE en raison de la crise financière et économique, « des économies réelles pourraient être réalisées si le Parlement disposait d'un seul lieu de travail dans une seule localité ».
Les députés européens critiquent le gaspillage d'argent causé par la gestion de trois lieux de travail: Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg. Le coût de la gestion de trois lieux de travail est estimé à environ 180 millions d'euros. Le maire de Strasbourg, Roland Ries, a demandé que sa ville devienne le siège unique du Parlement européen.
De manière générale, le PE demande « une révision à long terme du budget du Parlement » et que d'éventuelles économies futures soient identifiées afin de réduire les coûts.
EuroparlTV. Le PE déplore qu'EuroparlTV « ne puisse être considérée comme un succès compte tenu de son nombre très limité d'utilisateurs individuels directs » (à l'exclusion de l'audience réalisée grâce aux accords de partenariat passés avec des télévisions régionales), et ce malgré les crédits annuels considérables, s'élevant à 9 millions d'euros, dont la chaîne bénéficie. Il demande une évaluation des coûts et des bénéfices d'EuroparlTV en vue de la réalisation d'économies dans ce domaine.
Londres du côté des anti-Strasbourg. Le gouvernement britannique a apporté son soutien aux militants opposés à la présence du Parlement européen à Strasbourg, a déclaré mercredi le Britannique Edward McMillan-Scott, dans un communiqué (EUROPE n° 10314). Dans une lettre aux chefs des délégations des partis britanniques libéral et conservateur au Parlement européen, le Premier ministre britannique David Cameron et son vice-Premier ministre Nick Clegg ont promis de porter l'affaire au niveau des chefs d'État ou de gouvernement des 27, a-t-il affirmé. Dans cette lettre, les deux dirigeants britanniques félicitent les députés pour « le succès de leur campagne en vue de réduire les réunions à Strasbourg à partir de l'année prochaine en fusionnant deux sessions en une semaine », selon ce communiqué. « Ils confirment aussi leur engagement à aborder la question avec d'autres États membres » de l'UE, précise-t-il.
Les eurodéputés 'anti-Strasbourg', qui luttent pour que soient regroupées à Bruxelles toutes les activités du Parlement européen, ont fait voter le 9 mars dernier la suppression d'une semaine de travail à Strasbourg en 2012 et 2013. L'affaire va être portée par la France d'ici au 19 mai devant la Cour européenne de justice, car Paris y voit une infraction aux traités européens. En avril, le Luxembourg a annoncé qu'il s'associerait à cette action. (L.C.)