Bruxelles, 11/05/2011 (Agence Europe) - Dans un entretien accordé à Europe Diplomatie & Défense, le 3 mai à son retour de Côte d'Ivoire, le directeur général du SEAE chargé de la coordination de la réponse aux crises, Agostino Miozzo, souligne les difficultés de l'indispensable processus de réconciliation nationale auquel doit s'atteler le président Ouattara et plaide pour un soutien accru de l'Union européenne, y compris sous la forme d'une assistance à la réorganisation des forces de sécurité.
« On a trouvé un pays qui a vraiment souffert », constate Agostino Miozzo qui explique: « J'ai travaillé pendant des années en Afrique et je peux vous dire que j'ai vu une situation vraiment désespérée, horrible du point de vue sanitaire, social, humain, humanitaire. Horrible ! Une situation de dégradation et de pauvreté vraiment très grave, mais dans un contexte positif. Ça c'est la contradiction: il y a une pauvreté terrible, mais tu as l'impression que cela peut changer très vite. (…) Mais aujourd'hui, on est au bord d'une catastrophe humanitaire réelle. Les organisations internationales et les agences humanitaires sont en train de faire un bon travail. (…) Mais le vrai problème pour la reconstruction, pour permettre au pays de repartir, c'est de répondre à ces trois priorités: réconciliation, sécurité et réorganisation de l'armée. (…) Pour ces priorités, tu as besoin de temps. Ce n'est pas quelque chose que tu fais du jour au lendemain. Ce sont des processus ». L'UE devrait-elle envisager une opération d'assistance à la réforme du secteur de la sécurité ? « Bien sûr. Il faut le faire », répond M. Miozzo qui précise: « Ils ont une armée pléthorique. Dans le futur, il faudra soit réduire cet effectif pléthorique soit conserver cet effectif dans une structure pour être en mesure de contrôler ces gens. Avoir un bon modèle d'armée, à l'européenne, aurait aussi un prix, avec des milliers de gens avec des kalachnikovs dans la rue, sans travail, sans rien. Il y a là des choix à faire et tout un travail à faire. À côté de cela, il n'y a pas de douane. Il n'y a rien. Et la frontière, c'est énorme ! C'est une frontière entièrement ouverte, avec des pays voisins qui ne sont pas toujours d'une grande stabilité. Alors, on doit faire quelque chose dans ce domaine ».
Le texte intégral de cet entretien a été publié dans Europe Diplomatie & Défense du 12 mai. (O.J.)